ANLLF
Espace grand public
  Actu / Revue de presse

 

« Alzheimer : "La musique peut être utilisée comme un soin au même titre que d'autres soins" »
Posté le 21/09/2018 à 10:06
« La musique peut être utilisée comme un soin, au même titre que d'autres soins », estime le Dr Gérard Mick, neurologue au centre hospitalier de Voiron (Isère) et spécialiste des effets de l'écoute musicale chez les malades, notamment d'Alzheimer.
Le spécialiste réagit ainsi « à l'ouverture - dans quatre ans - du centre européen de la musique à la villa Viardot à Bougival (Yvelines). Le centre devrait être doté d'un laboratoire de recherches sur les liens entre la musique et le cerveau », précise France Info.
La musique « apparaît aujourd'hui comme un outil extrêmement important pour réduire l'anxiété, les troubles comportementaux et on sait aujourd'hui - en particulier chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer - qu'elle peut stimuler certaines récupérations. Par exemple, certains patients qui ne peuvent plus parler correctement et qui ont des grosses difficultés de mémoire qu'on appelle autobiographique, c'est-à-dire sur leur vie passée il y a quelques minutes, ces patients sont capables d'apprendre des mélodies, des paroles sur les mélodies et également de revivre une cohésion sociale lorsqu'ils travaillent la musique en groupe. L'écoute musicale est véritablement devenue un outil thérapeutique important dans cette maladie », affirme le Dr Mick.
« Quand on écoute de la musique, on crée littéralement une symphonie cérébrale, c'est-à-dire qu'on stimule de nombreuses zones du cerveau. La première, celle qui intègre la perception sonore, mais aussi une autre qui va préparer le mouvement, ce qui explique bien évidemment les liens entre la musique et la danse, une autre encore qui va être liée à la sensation de plaisir et enfin, une chose importante et qui a été récemment mise en avant, une zone du cerveau qui permet de mieux ressentir la perception intime de son corps. En fait, cette symphonie cérébrale, c'est une multitude d'éléments qui peuvent servir à être stimulés à des moments précis du soin et peuvent avoir des effets dans différentes maladies », explique le neurologue.
« Dans la maladie d'Alzheimer, il y a des patients qui ne bougent plus, qui ne parlent plus et qui, à l'écoute d'une musique, se mettent à marcher, à rire et à chanter la musique comme s'ils n'avaient jamais oublié. (...) L'écoute musicale est littéralement un soin physiologique », poursuit-il.
A la question : « Est-ce que la musique peut apaiser la douleur physique ? », le neurologue répond : « La douleur physique, c'est une construction cérébrale. On ne ressent pas une douleur si on n'a pas de cerveau. C'est lui qui va construire la perception douloureuse consciente. La musique a plusieurs rôles dans la douleur : lorsque vous avez mal, écouter de la musique plaisante réduit le niveau de douleur perçu et réduit aussi l'anxiété qui va avec la douleur, les tensions musculaire et corporelle ». « La musique est une approche non médicamenteuse complémentaire, voire alternative. Comme les cardiologues demandent de faire 30 à 45 minutes de marche par jour, il faut écouter 30 à 45 minutes de musique plaisante par jour parce que ça a un rôle fondamental sur le bien-être », conclut le Dr Gérard Mick.

« La somnolence en journée, un signe précurseur de maladie d'Alzheimer ? »
Posté le 21/09/2018 à 10:05
« Des chercheurs [de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health] affirment que les personnes âgées qui se plaignent d'un état somnolent durant la journée sont plus à risque de présenter sur le long terme un type de lésion cérébrale qui caractérise la maladie d'Alzheimer. Des résultats qui renforcent l'idée qu'un sommeil de qualité est l'une des bonnes habitudes à adopter pour prévenir cette maladie », fait savoir Santé Magazine.
« Leur étude affirme que les personnes âgées qui déclarent avoir très sommeil en journée seraient presque trois fois plus susceptibles que celles qui ne rencontrent pas ce problème de présenter une grande quantité de protéines bêta-amyloïde dans le cerveau des années plus tard », indique l'article
« Cette découverte s'ajoute à un nombre croissant d'études indiquant qu'un sommeil de mauvaise qualité pourrait favoriser le développement de cette forme de démence. A l'inverse, de bonnes nuits de sommeil pourraient contribuer à la prévenir », souligne-t-il.
« Les facteurs tels que l'alimentation, l'exercice et l'activité cognitive sont reconnus comme des cibles potentielles importantes pour la prévention de la maladie d'Alzheimer, c'est moins le cas pour le sommeil bien que cela puisse changer », explique le Pr Adam Spira, premier auteur de l'étude. « Si un sommeil perturbé contribue à la maladie d'Alzheimer, nous pourrons peut-être traiter les patients ayant des problèmes de sommeil pour éviter cette conséquence négative », ajoute-t-il
« L'étude a utilisé les données d'une étude qui a suivi la santé de milliers de volontaires à mesure qu'ils vieillissaient. Dans le cadre des examens périodiques de l'étude, il a été demandé aux volontaires s'ils étaient souvent somnolents ou s'endormaient pendant la journée et leur fréquence de sieste sur une semaine. Les chercheurs ont identifié 123 participants ayant répondu à ces deux questions et qui ont passé dans les années qui ont suivi des examens de neuro-imagerie via une technique, la tomographie par émission de positrons. Une méthode d'imagerie médicale utilisée par les médecins dans le diagnostic de la maladie d'Alzheimer pour détecter la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau », détaille le magazine.
« Ils ont ensuite analysé ces données pour voir s'il existait une corrélation entre les participants ayant fréquemment signalé une somnolence ou des endormissements pendant la journée et la présence anormale de la protéine bêta-amyloïde dans leur cerveau. Leurs résultats ont montré que les personnes qui faisaient état d'une grande somnolence diurne avaient un risque 2,75 fois plus élevé que les autres volontaires de présenter une accumulation de cette protéine », rapporte-t-il.
« Si les chercheurs ne savent pas pourquoi la somnolence diurne serait corrélée au dépôt de la protéine bêta-amyloïde, ils estiment que sur le long terme, ce trouble pourrait directement provoquer sa formation dans le cerveau », souligne l'article.
« Mais ces derniers se demandent également si un sommeil perturbé, dû à l'apnée obstructive du sommeil par exemple, pourrait provoquer la formation de plaques amyloïdes par un mécanisme inconnu, de même que favoriser une somnolence diurne excessive. Quelle que soit la cause, les chercheurs suggèrent qu'il s'agit d'un facteur de risque modifiable d'où l'importance pour les médecins de traiter les troubles du sommeil chez les personnes âgées », insiste Santé Magazine.
« Il n'y a pas encore de remède pour la maladie d'Alzheimer, nous devons donc faire de notre mieux pour la prévenir. Et même si un traitement est mis au point, les stratégies de prévention comme le sommeil doivent être mises en avant», concluent les chercheurs.

Rupture de stock de médicaments anti parkinsoniens
Posté le 20/09/2018 à 03:34
À la fin du mois d'août, le laboratoire MSD annonçait une rupture de stock prolongée de certains dosages de la spécialité Sinemet (lévodopa/carbidopa), médicament indiqué dans le traitement symptomatique de la maladie de Parkinson. En réaction l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient d'annoncer la mise en place d'un plan d'actions « afin d'éviter toute interruption de traitement chez les patients concernés ».

Les patients invités à consulter

Les patients actuellement traités par Sinemet sont invités à consulter leur médecin traitant afin qu'il évalue au cas par cas la conduite à tenir. L'agence précise que seules les spécialités Sinemet 100 mg/10 mg, Sinemet 250 mg/25 mg, et Sinemet LP 200 mg/50 mg à libération prolongée sont susceptibles de connaître une rupture de stock. « Il n'y a pas de rupture de stock attendue pour la spécialité SINEMET LP 100 mg/25 mg, comprimé à libération prolongée », précise l'ANSM.

Les centres experts dans la maladie de Parkinson, la Société française de neurologie et la Société francophone des mouvements anormaux ont été sollicités pour élaborer des recommandations de prise en charge des patients. Pour les initiations de traitement par lévodopa, les médecins sont invités à prescrire préférentiellement un traitement à base de lévodopa/bensérazide : Modopar (commercialisé par Roche) ou ses génériques.

Pour les patients déjà traités par Sinemet, l'ANSM préconise un générique de Sinemet à base de lévodopa/carbidopa ou bien une spécialité à base de lévodopa/bensérazide (Modopar ou ses génériques). Ces changements de spécialité ne peuvent se faire qu'à la condition expresse de prescrire la même dose de lévodopa totale quotidienne. Le nombre de prises et leur répartition sur la journée doivent être identiques, la forme galénique doit être la même. Une forme à libération immédiate ne peut être remplacée que par une forme à libération immédiate et une forme à libération prolongée (LP) ne peut être remplacée que par une forme LP. Enfin, la forme dispersible du Modopar 125 ne doit pas être utilisée en relais d'une forme à libération immédiate ou prolongée.

Le collectif Parkinson sur les dents

Les ruptures de stock ont débuté fin août 2018 et devraient se poursuivre jusqu'en mars 2019. Une durée « sans précédent qui nous paraît folle », juge la directrice de France Parkinson Florence Delamoye, qui rappelle au « Quotidien » que les malades ont enduré des ruptures de stocks régulièrement aux fils des années. « Entre novembre 2017 et février 2018, nous avons connu quelques mois difficile car Sinemet et Edopar étaient tous les deux en rupture de stock », souligne-t-elle.

En dehors de Modopar et de Sinemet, la seule autre association disponible de lévodopa et de carbidosa est la version générique commercialisée par Teva. « C'est une solution qui devrait tenir quelques mois, mais certains patients ne supportent pas le générique car les excipients ne sont pas les mêmes », poursuit-elle.

L'ANSM précise de plus que les génériques de Sinemet « sont distribués en quantité limitée par le laboratoire TEVA aux grossistes-répartiteurs, pour diminuer le risque de rupture que pourraient susciter des reports de prescription vers ces spécialités ».

Rapport au Sénat fin septembre

Dans un communiqué commun, les associations du collectif Parkinson dénoncent une « situation préoccupante » et une rupture de stock « inadmissible ». Elles interpellent la ministre de la Santé, Agnès Buzyn sur la multiplication des épisodes de rupture de stock. « Des sanctions financières seront-elles appliquées aux laboratoires dont les plans de gestion des pénuries ne permettent pas d'apporter aux malades les soins thérapeutiques dont ils ont besoin », questionnent-ils??

En 2017, les signalements de rupture de stock de médicaments ont augmenté de 30 %. Le 27 septembre prochain, la commission des affaires sociales du Sénat doit examiner le rapport du Sénateur du Nord Jean-Pierre Decool, dans le cadre d'une mission d'information sur la pénurie de médicament. « Nous attendons des propositions qui nous permettent de sortir de cette prise d'otage des malades », espère Florence Delamoye.

« Plan Santé : comment la carte hospitalière va être redessinée »
Posté le 18/09/2018 à 10:24
Solveig Godeluck indique en effet dans Les Echos que « le gouvernement souhaite ouvrir les hôpitaux locaux aux professionnels de santé libéraux pour rapprocher enfin la médecine de ville et l'hôpital. La carte hospitalière va ainsi être revue ».
La journaliste explique que demain, « avec la présentation de son plan de transformation du système de santé, [Emmanuel Macron] va annoncer la création d'un réseau d'établissements hospitaliers de proximité ouverts aux professionnels de santé de ville. Ces structures légères disposeront de lits. On pourra éventuellement s'y faire opérer de jour, y réaliser une radio ou une prise de sang, mais ils ne seront pas équipés de lourds plateaux techniques, contrairement aux hôpitaux de plein exercice ».
Solveig Godeluck note que « le gouvernement ne souhaite pas créer de nouveaux établissements, alors que le système hospitalier compte déjà bien plus de lits par habitant qu'en Allemagne. Il préfère reconvertir les hôpitaux de proximité, qui bataillent pour leur survie, pour le maintien d'une maternité ou d'un bloc opératoire ».
« Mais 240 établissements, c'est bien peu pour mailler le territoire. Des unités dédiées aux besoins locaux pourraient aussi être ouvertes au sein d'hôpitaux plus grands, dans des CHU », ajoute la journaliste.
Elle souligne que « cette restructuration nécessitera des moyens financiers. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a plaidé pour un assouplissement de l'objectif de dépenses d'assurance-maladie l'an prochain, et pour que les tarifs hospitaliers ne baissent plus ».
Solveig Godeluck observe que « le gouvernement va donc mettre en œuvre la proposition formulée par le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie, celle de créer des «établissements de santé communautaires». Ces structures de premier recours, il en faudrait 550 à 600 idéalement, doivent selon le HCAAM être mises au service des médecins de ville et s'intégrer aux filières de soins locales, médecine générale, gériatrie, soins de suite, prévention tabac ou obésité, médecine infantile et scolaire... ».
« Pilotées par les acteurs de terrain, elles auraient trois missions : limiter le recours non-pertinent à l'hôpital, organiser les sorties d'hospitalisation, faciliter la permanence et la continuité des soins sur leur bassin de vie », continue la journaliste.
Elle relève que « ce sont les «communautés professionnelles territoriales de santé» (CPTS) créées par la loi Touraine de 2015 qui prennent le pouvoir à l'échelle locale pour organiser et garantir l'accès aux soins - un rôle aujourd'hui largement dévolu à l'hôpital, vers lequel on se tourne quand il n'y a plus de solutions en ville ».
Solveig Godeluck remarque toutefois que « les quelque 200 CPTS créées à ce jour sont encore «très largement virtuelles», selon Jacques Battistoni, le président de MG France, car elles sont peu nombreuses, hétérogènes, et manquent de moyens. Cette faiblesse risque de compromettre le renversement de perspective ».
La journaliste conclut ainsi que « la gouvernance des nouveaux établissements, même partagée, devrait rester marquée de l'empreinte puissante des hôpitaux ».

Numérus clausus la fin.......
Posté le 06/09/2018 à 11:37
« Numerus clausus : la fin de "l'enfer" en première année de médecine ? »
C'est ce que titre Le Parisien, qui indique que « le gouvernement devrait annoncer la disparition du numerus clausus. Et soulager des milliers de potentiels futurs médecins dont la première année de fac se solde par un concours très difficile ».
Le journal explique notamment qu'« en 2018, ils étaient 59.753 sur la ligne de départ en Paces (Première année commune aux études de santé), pour seulement 8205 places en médecine. Pour les départager ? Un concours au terme d'une année très très chargée ».
Olivia, médecin généraliste dans le Nord, déclare ainsi : « Je pleurais tout le temps, je me mettais une pression dingue. J'ai redoublé, j'ai pris 10 kg. Mon matelas avait pris la forme de mon corps tellement je passais du temps à réviser dessus. Je relativise parce que je m'en suis sortie, mais c'était vraiment difficile ».
De son côté, Olivier Véran, neurologue et député LREM, remarque : « C'est du bachotage bête et méchant où l'on départage les étudiants par des QCM. Ceux qui savent le mieux apprendre par cœur sont avantagés. On ne prend pas les étudiants qui sont susceptibles d'être les meilleurs médecins mais ceux qui savent faire appel à leur instinct reptilien ».
Le Parisien se penche sur « ce que prépare le gouvernement » et s'interroge : « Le président Macron va-t-il signer l'arrêt de mort de ce que le candidat Macron présentait comme un «système périmé» ? Pointé du doigt pendant la campagne présidentielle, le fameux numerus clausus est l'un des chantiers du plan santé du gouvernement, dont les axes seront annoncés le 18 septembre ».
Le journal cite le ministère de l'Enseignement supérieur, qui indique que « l'enjeu, c'est de savoir comment on veut former nos médecins. Et le système actuel ne convient plus ».
Le Parisien note ainsi : « Le tant décrié concours de première année pourrait être supprimé. Et après ? Deux possibilités ont été dévoilées par nos confrères de France Info. [...] Première option, on laisse chacune des facs former le nombre de médecins selon ses capacités ».
Olivier Véran indique que dans ce cas, « on doit leur donner la possibilité d'accueillir plus d'étudiants et de trouver de nouveaux lieux de stage, notamment dans les cabinets de médecine générale et plus seulement en milieu hospitalier ».
Le quotidien poursuit : « Deuxième idée, on décale le concours à la troisième année pour que les recalés puissent bénéficier d'une équivalence plus intéressante pour rebondir vers d'autres formations ».
Guillaume Fond, enseignant-chercheur à l'hôpital de La Timone à Marseille, « qui a coordonné une étude sur le stress des futurs médecins », observe que « ça décalerait le couperet de l'examen à une période où les jeunes sont plus matures pour l'appréhender. Mais ça ne supprimerait pas le stress du concours. Ça décalerait le problème ».
Le Parisien ajoute qu'« officiellement, le gouvernement ne veut rien confirmer ou infirmer. «Il y a des pistes, et ces deux-là en font partie, nous glisse-t-on. Mais il y en a d'autres, comme celle de régionaliser ce numerus clausus» ».
Libération constate également qu'« en médecine, les quotas n'ont plus la cote ». Le journal consacre sa Une et 4 pages au sujet, évoquant « une réforme tardive pour un système à bout de souffle ».
Le journal observe ainsi : « Faut-il faire exploser le numerus clausus, ce vieux machin presque quinquagénaire, spécialité française (avec la Belgique et le Portugal) qui rend chaque année si malheureux des milliers d'étudiants qui ont échoué alors qu'ils auraient pu devenir de bons médecins ? Pourquoi diable le maintenir dans un contexte, en plus, où se multiplient les déserts médicaux ? ».
« «Rien n'est décidé», nous a cependant expliqué le cabinet de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ajoutant que «ces sujets sont évidemment en débat [mais que] la forme n'est pas encore retenue» », précise le quotidien.
Libération relève entre autres que « c'est un vieux débat, mais pour une fois celui-ci pose des questions pertinentes sur les difficultés de l'évolution de notre système de santé, aux prises d'un côté avec des réglementations successives souvent en retard sur la réalité des faits et de l'autre côté avec les limites d'une formation à la française très élitiste, sélectionnant les étudiants en médecine sur des profils de premiers de la classe bien plus que pour leurs qualités humaines ».
Le journal publie en outre un entretien avec Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Bobigny, qui « plaide pour une réflexion globale sur l'accueil et la formation des étudiants ». Il déclare notamment que « le système est complètement sclérosé. [...] Il faut d'abord mettre en place un parcours universitaire qui mise sur une réelle diversité des profils d'étudiants. Depuis 5 ans maintenant, la sphère médicale a réellement pris conscience que des étudiants venant d'autres licences (en biologie, en psychologie etc.) pouvaient très bien réussir en médecine et devenir de très bons médecins ».

« Un boom des kinésithérapeutes qui va peser sur l'Assurance-maladie »
Posté le 24/07/2018 à 14:26


Les Echos constate en effet : « Masseur-kinésithérapeute, un métier qui a la cote. En 16 ans, la profession a vu croître ses effectifs de 61%, pour atteindre 85.000 kinés en exercice sur le territoire en 2016 ».
« Alors que les quotas d'étudiants ont été relevés, les diplômés à l'étranger affluent en dehors de ces quotas, et représentent 33% des nouvelles installations - la moitié de ces diplômés étrangers sont d'ailleurs français », remarque le quotidien.
Il ajoute que « les effectifs de kinésithérapie n'ont pas fini de croître. Selon les projections de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère de la Santé (DREES), ils pourraient encore augmenter de 57% d'ici à 2040, soit 133.000 personnes ».
« Voilà au moins une profession de santé dont la démographie n'est pas sinistrée, alors que les médecins, les pédiatres ou les ophtalmologues se font rares. La densité de kinésithérapeutes, elle, ne cesse de croître. Elle est passée de 87 à 127 professionnels pour 100.000 habitants entre 2000 et 2016. Et devrait encore s'intensifier à 184 pour 100.000 habitants en 2040 », souligne le journal.
Les Echos note que « cela réjouira les patients, mais la Sécurité sociale devra en gérer les conséquences. Car l'offre crée la demande, dans le champ de la santé : plus il s'installe d'infirmiers ou de masseurs, plus la consommation de soins augmente à l'échelle locale. L'Assurance-maladie, qui fait la chasse aux dépenses d'auxiliaires médicaux, a encore enregistré une croissance de 3,4% des remboursements de kinésithérapie de juin 2017 à juin 2018, à 3,3 milliards d'euros. Ce n'est pas un emballement, mais cela va trop vite ».
Le journal précise cependant que selon la DREES, « le déséquilibre entre l'offre et la demande en 2040 ne sera pas si fort qu'il y paraît, car la population vieillit. Or les plus de 75 ans consomment 5 fois plus de masso-kinésithérapie que la moyenne. Bien sûr, il reste de nombreuses inconnues du côté de la demande : à l'avenir, les personnes âgées seront-elles mieux maintenues en forme avec plus d'exercice physique ? ».
Le quotidien ajoute que « du côté de l'offre de soins, il faut aussi affiner le modèle. En équivalent temps plein, cette offre ne devrait pas progresser de 57% mais de 54% d'ici à 2040, calcule la DREES. Car les jeunes kinésithérapeutes consacrent moins de temps à leur travail que les générations précédentes. Idem pour les femmes - dans une profession qui se féminise - et pour les professionnels âgés - qui sont de plus en plus nombreux. En fin de compte, la densité professionnelle, pondérée par les caractéristiques de la demande et de l'offre, devrait augmenter de 19% d'ici à 2040, selon la DREES ».
Le Figaro remarque de son côté : « La France manque de médecins, mais pourrait bientôt compter trop de kinés ! Au nombre de 85.000 dans l'Hexagone fin 2016, leur nombre a fortement augmenté ces 16 dernières années (+61% entre 2000 et 2016) », selon la Drees.
« Une tendance qui devrait se poursuivre, avec une augmentation cumulée de 57% entre 2016 et 2040. [...] Cette hausse, nettement supérieure à celle de la population française (+9% entre 2016 et 2040), entraînerait une forte augmentation de la densité : elle passerait de 128 masseurs-kinésithérapeutes pour 100.000 habitants en 2016 à 184 en 2040. L'offre de soins progresserait même plus vite que les besoins », relève le quotidien.
Le Figaro indique que « cette hausse des effectifs s'explique par le relèvement des quotas et l'arrivée massive de diplômés à l'étranger. [...] La hausse du nombre de kinés s'explique également par «l'importante hausse du nombre de diplômés à l'étranger intervenue ces 15 dernières années», indique la Drees. Ainsi, 33% des kinés inscrits pour la première fois auprès de l'agence régionale de santé (ARS) en 2016 avaient obtenu leur diplôme à l'étranger, contre seulement 10% 16 ans plus tôt »

Il n'y a pas que dans la Maladie d'Alzheimer ....Lyme : désaccord profond entre la HAS et l'Académie de médecine. L'HAS est elle encore utile ?
Posté le 16/07/2018 à 09:39
Paris, le mercredi 4 juillet 2018 - Après des mois de discussions, souvent houleuses, la Haute autorité de Santé (HAS) a rendu publiques le 20 juin ses nouvelles recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge de la « Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques ». Alors qu'en dépit du consensus contraire d'une large majorité de sociétés savantes, une poignée de médecins soutient l'existence de formes chroniques atypiques de la maladie de Lyme, la HAS a tenté un acrobatique consensus en proposant une nouvelle classification, inédite et encore unique au monde. A travers la symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après piqûre de tique (SPPT), dont l'imprécision du nom traduit déjà les difficultés de définition, la HAS ouvre la porte à une reconnaissance des cas pour lesquels aucune autre étiologie n'a pu être confirmée.
Des propositions ineptes et dispendieuses

On le sait, la plupart des spécialistes des maladies infectieuses ont manifesté leur incompréhension face au choix de la HAS, qu'ils considèrent comme dangereux car encourageant potentiellement certaines dérives et notamment la prescription d'antibiothérapie au long cours dont l'utilité et l'efficacité n'ont jamais été démontrées et dont les risques sont multiples à l'échelon individuel et collectif. S'inscrivant sur cette même ligne, l'Académie nationale de médecine évoque à son tour sa grande « déception ». « Loin de clarifier la situation, l'HAS voulant contenter tout le monde ne satisfait personne. Elle maintient l'ambiguïté, en particulier sur la notion de Lyme chronique, à travers ce qu'elle dénomme "symptomatologie / syndrome persistant(e) polymorphe après piqûre de tique ou SPPT ". L'HAS reconnaît de fait implicitement l'existence d'une telle pathologie sans la moindre preuve avec, pour conséquence, des propositions de prise en charge lourde impliquant des investigations nombreuses, couteuses et souvent inutiles. Quant à vouloir créer des "centres spécialisés des maladies vectorielles à tiques" , l'Académie tient à émettre fermement ses plus extrêmes réserves sur une proposition dispendieuse qui tend à désavouer l'expertise des services de maladies infectieuses et tropicales existants » détaillent les sages dans un communiqué rend public hier.
Une méthodologie à géométrie variable

Au-delà de la maladie de Lyme, dans une période où la diffusion de théories scientifiques alternatives connaît un succès croissant et où la parole des "experts" est de plus en plus discréditée, cette prise de position de la HAS, à la frontière entre la diplomatie politique et la médecine basée sur les preuves, complexifie un peu plus la transmission d'informations raisonnées. L'analyse détaillée des recommandations de la HAS paraît en effet confirmer que la rigueur scientifique a été éprouvée.

Ainsi, les guides méthodologiques de la HAS concernant notamment la lecture des articles invitent à appliquer une grille, qui conduit généralement à ne retenir qu'un très petit nombre d'études. Le médecin et blogueur Hervé Maisonneuve note ainsi que sur « 195 revues systématiques, le taux moyen de sélection des articles était de 3 % ». Pourtant, pour la maladie de Lyme, jusqu'à 40 % des études ont été retenues, y compris des travaux ne portant que sur un très petit nombre de patients, qui ne peuvent avoir de valeur qu'expérimentale et non pour établir des recommandations générales. Où l'on voit que les institutions qui ont pu hier être épinglées pour différents conflits d'intérêt, continuent à connaître des difficultés variées.
Aurélie Haroche

« Maladie d'Alzheimer : un nouvel espoir »
Posté le 10/07/2018 à 19:10


Les Echos relaie « une lueur d'espoir dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer ». Le journal indique en effet qu'« un médicament en développement a montré des résultats prometteurs au cours d'un essai clinique de grande ampleur, ont annoncé [...] le laboratoire américain Biogen et son partenaire japonais Eisai ».
« La molécule en question, BAN2401, a permis de ralentir la progression de la maladie chez quelque 800 patients participant à l'essai de phase 2 après 18 mois de traitement. [...] L'étude sera dévoilée en détail ultérieurement, ont précisé les deux groupes », relève le quotidien.
Alfred Sandrock, responsable de la recherche chez Biogen, a ainsi déclaré que ces résultats « soulignent que les maladies neurodégénératives pourraient ne pas être aussi difficiles à traiter qu'elles le paraissaient ».
Les Echos observe que « le candidat médicament doit encore confirmer son efficacité - d'autres essais cliniques plus poussés sont prévus - mais l'enthousiasme des investisseurs est à la mesure des nombreuses déceptions enregistrées ces dernières années sur le front d'Alzheimer ».
Le journal rappelle que en effet que « près de 200 programmes de recherche sur des médicaments ont échoué à différents stades de développement dans ce domaine. Les laboratoires persistent néanmoins car il s'agit d'un marché potentiellement très lucratif, évalué à 30 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis ».
Le quotidien précise que « le BAN2401 s'attaque à la bêta-amyloïde, constitutive des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie. Les résultats de l'essai clinique semblent confirmer que cette piste de recherche est intéressante, alors que d'autres tests ont échoué dans ce domaine ».
Les Echos note toutefois que « l'américain Eli Lilly et le britannique AstraZeneca ont déçu en annonçant le mois dernier l'arrêt d'un essai clinique de phase 3 ciblant la bêta-amyloïde, effectué sur plus de 4.000 personnes. Le suisse Roche figure parmi les laboratoires qui ciblent eux aussi cette protéine ».

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
Ce site utilise des cookies pour une meilleure expérience utilisateur. En poursuivant votre visite, nous comprenons que vous acceptez les cookies   En savoir plus