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  Actu / Revue de presse

 

« Les somnifères bientôt moins remboursés »
Posté le 27/07/2014 à 09:19
Le Parisien , Le Point

Le Parisien observe : « Frapper au porte-monnaie pour forcer les Français à avaler moins de somnifères. C'est le nouveau levier pour tenter d'endiguer un mal hexagonal qui perdure, malgré les mises en garde, cris d'alarme et campagnes qui se suivent depuis près de 20 ans... en vain ».
Le journal indique que « la commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) doit publier aujourd'hui l'avis qu'elle transmet à la fois à l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM) et au ministère de la Santé, recommandant de diminuer le remboursement de 7 médicaments de la classe des benzodiazépines hypnotiques ».
« Stilnox, Imovane, Normison, Mogadon, Noctamide, Havlan et Nuctalon, dont le service médical rendu est désormais jugé faible, devraient ainsi bientôt n'être plus remboursés qu'à 15% par la Sécurité sociale au lieu de 65% », précise le quotidien.
Le Parisien souligne qu'« en déclassant ainsi ces médicaments trop prisés des Français, tandis que l'agence du médicament planche elle aussi sur une série (limiter la durée de prescription, éventuellement revoir les conditionnements), les autorités de santé espèrent arriver à déclencher un sursaut de conscience ».
Le journal remarque en effet que « selon les données de l'assurance maladie, 4 millions de personnes s'en remettent trop souvent et surtout trop longtemps à la «magie» de ces somnifères pour les aider à trouver le sommeil réparateur qui leur fait défaut, se rangeant ainsi parmi les plus gros consommateurs européens ».
Le quotidien ajoute qu'« en janvier dernier, l'ANSM s'alarmait, constatant que la consommation des benzodiazépines repartait de plus belle depuis 2010, après un tassement en 2008-2009 ».
Anne Dandon, chef du service des évaluations de médicaments à la HAS, note ainsi que « l'effet des mesures successives, conjointement prises par la direction de la santé et l'agence du médicament, incitant à prescrire le bon produit au bon patient, à faire attention aux effets délétères des somnifères, notamment sur les personnes âgées, à sensibiliser à la nécessité d'un sevrage pour certains s'est estompé ».
La spécialiste relève en outre que « les seules évaluations dont on dispose portent sur le court terme. Ils se révèlent efficaces, mais un peu seulement, augmentant la durée du sommeil d'une heure, diminuant le nombre de réveils nocturnes et améliorant un peu la qualité du sommeil. En revanche nous n'avons aucune données sur l'efficacité à long terme ».
Le Parisien évoque « le constat, au contraire, de gros inconvénients : une dépendance indéniable mesurée à l'anxiété des patients à l'idée de ne pas en avoir sous la main. [...] Et puis il y a les «effets délétères» : somnolence, troubles de la mémoire, risque de chutes accrus chez les personnes âgées, qui combinent parfois plusieurs traitements de benzodiazépines... ».
Le journal précise enfin que « la décision sera prise d'ici quelques mois, mais la HAS se montre confiante : l'UNCAM ne l'a rarement pas suivie. Quand aux labos, qui seront entendus et dont on imagine qu'ils pourraient voir d'un mauvais œil la diminution d'un tel marché, «ils n'ont que peu d'intérêt à être confrontés à un tel problème de santé publique et de mésusage de leur produit» ».

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