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  Actu / Revue de presse

 

« Plan Santé : comment la carte hospitalière va être redessinée »
Posté le 18/09/2018 à 10:24
Solveig Godeluck indique en effet dans Les Echos que « le gouvernement souhaite ouvrir les hôpitaux locaux aux professionnels de santé libéraux pour rapprocher enfin la médecine de ville et l'hôpital. La carte hospitalière va ainsi être revue ».
La journaliste explique que demain, « avec la présentation de son plan de transformation du système de santé, [Emmanuel Macron] va annoncer la création d'un réseau d'établissements hospitaliers de proximité ouverts aux professionnels de santé de ville. Ces structures légères disposeront de lits. On pourra éventuellement s'y faire opérer de jour, y réaliser une radio ou une prise de sang, mais ils ne seront pas équipés de lourds plateaux techniques, contrairement aux hôpitaux de plein exercice ».
Solveig Godeluck note que « le gouvernement ne souhaite pas créer de nouveaux établissements, alors que le système hospitalier compte déjà bien plus de lits par habitant qu'en Allemagne. Il préfère reconvertir les hôpitaux de proximité, qui bataillent pour leur survie, pour le maintien d'une maternité ou d'un bloc opératoire ».
« Mais 240 établissements, c'est bien peu pour mailler le territoire. Des unités dédiées aux besoins locaux pourraient aussi être ouvertes au sein d'hôpitaux plus grands, dans des CHU », ajoute la journaliste.
Elle souligne que « cette restructuration nécessitera des moyens financiers. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a plaidé pour un assouplissement de l'objectif de dépenses d'assurance-maladie l'an prochain, et pour que les tarifs hospitaliers ne baissent plus ».
Solveig Godeluck observe que « le gouvernement va donc mettre en œuvre la proposition formulée par le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie, celle de créer des «établissements de santé communautaires». Ces structures de premier recours, il en faudrait 550 à 600 idéalement, doivent selon le HCAAM être mises au service des médecins de ville et s'intégrer aux filières de soins locales, médecine générale, gériatrie, soins de suite, prévention tabac ou obésité, médecine infantile et scolaire... ».
« Pilotées par les acteurs de terrain, elles auraient trois missions : limiter le recours non-pertinent à l'hôpital, organiser les sorties d'hospitalisation, faciliter la permanence et la continuité des soins sur leur bassin de vie », continue la journaliste.
Elle relève que « ce sont les «communautés professionnelles territoriales de santé» (CPTS) créées par la loi Touraine de 2015 qui prennent le pouvoir à l'échelle locale pour organiser et garantir l'accès aux soins - un rôle aujourd'hui largement dévolu à l'hôpital, vers lequel on se tourne quand il n'y a plus de solutions en ville ».
Solveig Godeluck remarque toutefois que « les quelque 200 CPTS créées à ce jour sont encore «très largement virtuelles», selon Jacques Battistoni, le président de MG France, car elles sont peu nombreuses, hétérogènes, et manquent de moyens. Cette faiblesse risque de compromettre le renversement de perspective ».
La journaliste conclut ainsi que « la gouvernance des nouveaux établissements, même partagée, devrait rester marquée de l'empreinte puissante des hôpitaux ».

Numérus clausus la fin.......
Posté le 06/09/2018 à 11:37
« Numerus clausus : la fin de "l'enfer" en première année de médecine ? »
C'est ce que titre Le Parisien, qui indique que « le gouvernement devrait annoncer la disparition du numerus clausus. Et soulager des milliers de potentiels futurs médecins dont la première année de fac se solde par un concours très difficile ».
Le journal explique notamment qu'« en 2018, ils étaient 59.753 sur la ligne de départ en Paces (Première année commune aux études de santé), pour seulement 8205 places en médecine. Pour les départager ? Un concours au terme d'une année très très chargée ».
Olivia, médecin généraliste dans le Nord, déclare ainsi : « Je pleurais tout le temps, je me mettais une pression dingue. J'ai redoublé, j'ai pris 10 kg. Mon matelas avait pris la forme de mon corps tellement je passais du temps à réviser dessus. Je relativise parce que je m'en suis sortie, mais c'était vraiment difficile ».
De son côté, Olivier Véran, neurologue et député LREM, remarque : « C'est du bachotage bête et méchant où l'on départage les étudiants par des QCM. Ceux qui savent le mieux apprendre par cœur sont avantagés. On ne prend pas les étudiants qui sont susceptibles d'être les meilleurs médecins mais ceux qui savent faire appel à leur instinct reptilien ».
Le Parisien se penche sur « ce que prépare le gouvernement » et s'interroge : « Le président Macron va-t-il signer l'arrêt de mort de ce que le candidat Macron présentait comme un «système périmé» ? Pointé du doigt pendant la campagne présidentielle, le fameux numerus clausus est l'un des chantiers du plan santé du gouvernement, dont les axes seront annoncés le 18 septembre ».
Le journal cite le ministère de l'Enseignement supérieur, qui indique que « l'enjeu, c'est de savoir comment on veut former nos médecins. Et le système actuel ne convient plus ».
Le Parisien note ainsi : « Le tant décrié concours de première année pourrait être supprimé. Et après ? Deux possibilités ont été dévoilées par nos confrères de France Info. [...] Première option, on laisse chacune des facs former le nombre de médecins selon ses capacités ».
Olivier Véran indique que dans ce cas, « on doit leur donner la possibilité d'accueillir plus d'étudiants et de trouver de nouveaux lieux de stage, notamment dans les cabinets de médecine générale et plus seulement en milieu hospitalier ».
Le quotidien poursuit : « Deuxième idée, on décale le concours à la troisième année pour que les recalés puissent bénéficier d'une équivalence plus intéressante pour rebondir vers d'autres formations ».
Guillaume Fond, enseignant-chercheur à l'hôpital de La Timone à Marseille, « qui a coordonné une étude sur le stress des futurs médecins », observe que « ça décalerait le couperet de l'examen à une période où les jeunes sont plus matures pour l'appréhender. Mais ça ne supprimerait pas le stress du concours. Ça décalerait le problème ».
Le Parisien ajoute qu'« officiellement, le gouvernement ne veut rien confirmer ou infirmer. «Il y a des pistes, et ces deux-là en font partie, nous glisse-t-on. Mais il y en a d'autres, comme celle de régionaliser ce numerus clausus» ».
Libération constate également qu'« en médecine, les quotas n'ont plus la cote ». Le journal consacre sa Une et 4 pages au sujet, évoquant « une réforme tardive pour un système à bout de souffle ».
Le journal observe ainsi : « Faut-il faire exploser le numerus clausus, ce vieux machin presque quinquagénaire, spécialité française (avec la Belgique et le Portugal) qui rend chaque année si malheureux des milliers d'étudiants qui ont échoué alors qu'ils auraient pu devenir de bons médecins ? Pourquoi diable le maintenir dans un contexte, en plus, où se multiplient les déserts médicaux ? ».
« «Rien n'est décidé», nous a cependant expliqué le cabinet de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ajoutant que «ces sujets sont évidemment en débat [mais que] la forme n'est pas encore retenue» », précise le quotidien.
Libération relève entre autres que « c'est un vieux débat, mais pour une fois celui-ci pose des questions pertinentes sur les difficultés de l'évolution de notre système de santé, aux prises d'un côté avec des réglementations successives souvent en retard sur la réalité des faits et de l'autre côté avec les limites d'une formation à la française très élitiste, sélectionnant les étudiants en médecine sur des profils de premiers de la classe bien plus que pour leurs qualités humaines ».
Le journal publie en outre un entretien avec Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Bobigny, qui « plaide pour une réflexion globale sur l'accueil et la formation des étudiants ». Il déclare notamment que « le système est complètement sclérosé. [...] Il faut d'abord mettre en place un parcours universitaire qui mise sur une réelle diversité des profils d'étudiants. Depuis 5 ans maintenant, la sphère médicale a réellement pris conscience que des étudiants venant d'autres licences (en biologie, en psychologie etc.) pouvaient très bien réussir en médecine et devenir de très bons médecins ».

« Un boom des kinésithérapeutes qui va peser sur l'Assurance-maladie »
Posté le 24/07/2018 à 14:26


Les Echos constate en effet : « Masseur-kinésithérapeute, un métier qui a la cote. En 16 ans, la profession a vu croître ses effectifs de 61%, pour atteindre 85.000 kinés en exercice sur le territoire en 2016 ».
« Alors que les quotas d'étudiants ont été relevés, les diplômés à l'étranger affluent en dehors de ces quotas, et représentent 33% des nouvelles installations - la moitié de ces diplômés étrangers sont d'ailleurs français », remarque le quotidien.
Il ajoute que « les effectifs de kinésithérapie n'ont pas fini de croître. Selon les projections de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère de la Santé (DREES), ils pourraient encore augmenter de 57% d'ici à 2040, soit 133.000 personnes ».
« Voilà au moins une profession de santé dont la démographie n'est pas sinistrée, alors que les médecins, les pédiatres ou les ophtalmologues se font rares. La densité de kinésithérapeutes, elle, ne cesse de croître. Elle est passée de 87 à 127 professionnels pour 100.000 habitants entre 2000 et 2016. Et devrait encore s'intensifier à 184 pour 100.000 habitants en 2040 », souligne le journal.
Les Echos note que « cela réjouira les patients, mais la Sécurité sociale devra en gérer les conséquences. Car l'offre crée la demande, dans le champ de la santé : plus il s'installe d'infirmiers ou de masseurs, plus la consommation de soins augmente à l'échelle locale. L'Assurance-maladie, qui fait la chasse aux dépenses d'auxiliaires médicaux, a encore enregistré une croissance de 3,4% des remboursements de kinésithérapie de juin 2017 à juin 2018, à 3,3 milliards d'euros. Ce n'est pas un emballement, mais cela va trop vite ».
Le journal précise cependant que selon la DREES, « le déséquilibre entre l'offre et la demande en 2040 ne sera pas si fort qu'il y paraît, car la population vieillit. Or les plus de 75 ans consomment 5 fois plus de masso-kinésithérapie que la moyenne. Bien sûr, il reste de nombreuses inconnues du côté de la demande : à l'avenir, les personnes âgées seront-elles mieux maintenues en forme avec plus d'exercice physique ? ».
Le quotidien ajoute que « du côté de l'offre de soins, il faut aussi affiner le modèle. En équivalent temps plein, cette offre ne devrait pas progresser de 57% mais de 54% d'ici à 2040, calcule la DREES. Car les jeunes kinésithérapeutes consacrent moins de temps à leur travail que les générations précédentes. Idem pour les femmes - dans une profession qui se féminise - et pour les professionnels âgés - qui sont de plus en plus nombreux. En fin de compte, la densité professionnelle, pondérée par les caractéristiques de la demande et de l'offre, devrait augmenter de 19% d'ici à 2040, selon la DREES ».
Le Figaro remarque de son côté : « La France manque de médecins, mais pourrait bientôt compter trop de kinés ! Au nombre de 85.000 dans l'Hexagone fin 2016, leur nombre a fortement augmenté ces 16 dernières années (+61% entre 2000 et 2016) », selon la Drees.
« Une tendance qui devrait se poursuivre, avec une augmentation cumulée de 57% entre 2016 et 2040. [...] Cette hausse, nettement supérieure à celle de la population française (+9% entre 2016 et 2040), entraînerait une forte augmentation de la densité : elle passerait de 128 masseurs-kinésithérapeutes pour 100.000 habitants en 2016 à 184 en 2040. L'offre de soins progresserait même plus vite que les besoins », relève le quotidien.
Le Figaro indique que « cette hausse des effectifs s'explique par le relèvement des quotas et l'arrivée massive de diplômés à l'étranger. [...] La hausse du nombre de kinés s'explique également par «l'importante hausse du nombre de diplômés à l'étranger intervenue ces 15 dernières années», indique la Drees. Ainsi, 33% des kinés inscrits pour la première fois auprès de l'agence régionale de santé (ARS) en 2016 avaient obtenu leur diplôme à l'étranger, contre seulement 10% 16 ans plus tôt »

Il n'y a pas que dans la Maladie d'Alzheimer ....Lyme : désaccord profond entre la HAS et l'Académie de médecine. L'HAS est elle encore utile ?
Posté le 16/07/2018 à 09:39
Paris, le mercredi 4 juillet 2018 - Après des mois de discussions, souvent houleuses, la Haute autorité de Santé (HAS) a rendu publiques le 20 juin ses nouvelles recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge de la « Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques ». Alors qu'en dépit du consensus contraire d'une large majorité de sociétés savantes, une poignée de médecins soutient l'existence de formes chroniques atypiques de la maladie de Lyme, la HAS a tenté un acrobatique consensus en proposant une nouvelle classification, inédite et encore unique au monde. A travers la symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après piqûre de tique (SPPT), dont l'imprécision du nom traduit déjà les difficultés de définition, la HAS ouvre la porte à une reconnaissance des cas pour lesquels aucune autre étiologie n'a pu être confirmée.
Des propositions ineptes et dispendieuses

On le sait, la plupart des spécialistes des maladies infectieuses ont manifesté leur incompréhension face au choix de la HAS, qu'ils considèrent comme dangereux car encourageant potentiellement certaines dérives et notamment la prescription d'antibiothérapie au long cours dont l'utilité et l'efficacité n'ont jamais été démontrées et dont les risques sont multiples à l'échelon individuel et collectif. S'inscrivant sur cette même ligne, l'Académie nationale de médecine évoque à son tour sa grande « déception ». « Loin de clarifier la situation, l'HAS voulant contenter tout le monde ne satisfait personne. Elle maintient l'ambiguïté, en particulier sur la notion de Lyme chronique, à travers ce qu'elle dénomme "symptomatologie / syndrome persistant(e) polymorphe après piqûre de tique ou SPPT ". L'HAS reconnaît de fait implicitement l'existence d'une telle pathologie sans la moindre preuve avec, pour conséquence, des propositions de prise en charge lourde impliquant des investigations nombreuses, couteuses et souvent inutiles. Quant à vouloir créer des "centres spécialisés des maladies vectorielles à tiques" , l'Académie tient à émettre fermement ses plus extrêmes réserves sur une proposition dispendieuse qui tend à désavouer l'expertise des services de maladies infectieuses et tropicales existants » détaillent les sages dans un communiqué rend public hier.
Une méthodologie à géométrie variable

Au-delà de la maladie de Lyme, dans une période où la diffusion de théories scientifiques alternatives connaît un succès croissant et où la parole des "experts" est de plus en plus discréditée, cette prise de position de la HAS, à la frontière entre la diplomatie politique et la médecine basée sur les preuves, complexifie un peu plus la transmission d'informations raisonnées. L'analyse détaillée des recommandations de la HAS paraît en effet confirmer que la rigueur scientifique a été éprouvée.

Ainsi, les guides méthodologiques de la HAS concernant notamment la lecture des articles invitent à appliquer une grille, qui conduit généralement à ne retenir qu'un très petit nombre d'études. Le médecin et blogueur Hervé Maisonneuve note ainsi que sur « 195 revues systématiques, le taux moyen de sélection des articles était de 3 % ». Pourtant, pour la maladie de Lyme, jusqu'à 40 % des études ont été retenues, y compris des travaux ne portant que sur un très petit nombre de patients, qui ne peuvent avoir de valeur qu'expérimentale et non pour établir des recommandations générales. Où l'on voit que les institutions qui ont pu hier être épinglées pour différents conflits d'intérêt, continuent à connaître des difficultés variées.
Aurélie Haroche

« Maladie d'Alzheimer : un nouvel espoir »
Posté le 10/07/2018 à 19:10


Les Echos relaie « une lueur d'espoir dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer ». Le journal indique en effet qu'« un médicament en développement a montré des résultats prometteurs au cours d'un essai clinique de grande ampleur, ont annoncé [...] le laboratoire américain Biogen et son partenaire japonais Eisai ».
« La molécule en question, BAN2401, a permis de ralentir la progression de la maladie chez quelque 800 patients participant à l'essai de phase 2 après 18 mois de traitement. [...] L'étude sera dévoilée en détail ultérieurement, ont précisé les deux groupes », relève le quotidien.
Alfred Sandrock, responsable de la recherche chez Biogen, a ainsi déclaré que ces résultats « soulignent que les maladies neurodégénératives pourraient ne pas être aussi difficiles à traiter qu'elles le paraissaient ».
Les Echos observe que « le candidat médicament doit encore confirmer son efficacité - d'autres essais cliniques plus poussés sont prévus - mais l'enthousiasme des investisseurs est à la mesure des nombreuses déceptions enregistrées ces dernières années sur le front d'Alzheimer ».
Le journal rappelle que en effet que « près de 200 programmes de recherche sur des médicaments ont échoué à différents stades de développement dans ce domaine. Les laboratoires persistent néanmoins car il s'agit d'un marché potentiellement très lucratif, évalué à 30 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis ».
Le quotidien précise que « le BAN2401 s'attaque à la bêta-amyloïde, constitutive des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie. Les résultats de l'essai clinique semblent confirmer que cette piste de recherche est intéressante, alors que d'autres tests ont échoué dans ce domaine ».
Les Echos note toutefois que « l'américain Eli Lilly et le britannique AstraZeneca ont déçu en annonçant le mois dernier l'arrêt d'un essai clinique de phase 3 ciblant la bêta-amyloïde, effectué sur plus de 4.000 personnes. Le suisse Roche figure parmi les laboratoires qui ciblent eux aussi cette protéine ».

Maladie d'Alzheimer : comment les agrégats amyloïdes altèrent le fonctionnement des neurones
Posté le 19/06/2018 à 09:04
L'accumulation de peptides amyloïdes sous forme de plaques dans le cerveau est l'un des principaux marqueurs de la maladie d'Alzheimer. Si les effets délétères des agrégats de peptide amyloïdes sont établis, leur mécanisme d'action dans les cellules cérébrales restait mal défini. Des chercheurs du CNRS et de l'université de Bordeaux viennent de mettre en évidence qu'ils altèrent le fonctionnement normal des connections entre neurones en interagissant avec une enzyme clé de la plasticité synaptique. Ces résultats seront publiés le 12 juin 2018 dans la revue Cell Reports.
Touchant près d'un million de Français, la maladie d'Alzheimer est caractérisée par une altération précoce des facultés cognitives des patients suivie d'une dégénérescence neuronale dans les stades plus tardifs. Trois types de lésions cérébrales caractérisent la maladie : la perte neuronale, la dégénérescence fibrillaire et l'accumulation de peptides amyloïdes qui forment les plaques amyloïdes. L'implication respective de ces différents éléments dans le développement des symptômes de la maladie reste à ce jour mal connu.

Les chercheurs savaient par exemple que le peptide amyloïde perturbe les synapses, les zones de contact et de communication chimique entre neurones, mais ignoraient comment, jusqu'aux travaux menés par les équipes de l'Institut interdisciplinaire de neurosciences (CNRS/université de Bordeaux). Celles-ci ont découvert le mécanisme moléculaire liant les agrégats amyloïdes aux déficits de fonctionnement des synapses observés dans des modèles animaux de la maladie d'Alzheimer : ces dépôts de peptides interagissent avec une enzyme clé de l'équilibre synaptique, ce qui empêche sa mobilisation normale.

Cette molécule, appelée CamKII, orchestre habituellement la plasticité synaptique, un phénomène d'adaptabilité des neurones leur permettant de renforcer la réponse aux signaux qu'ils échangent. Les ensembles de neurones qui codent pour une information à mémoriser sont connectés par des synapses, qui sont elles-mêmes sous contrôle de mécanismes de plasticité synaptique. Quand la connexion entre deux neurones doit être renforcée pour mémoriser une information, par exemple lors d'une stimulation intense, CamKII s'active et entraîne une cascade de réactions renforçant les capacités de transmission des messages entre ces neurones. La plasticité synaptique est au cœur de la mémoire et de l'apprentissage. Les peptides amyloïdes empêchent CamKII de participer au processus de plasticité synaptique et ce blocage entraîne à terme la disparition de la synapse. Cette découverte pourrait trouver son application dans les phases précoces de la maladie d'Alzheimer où sont observées les premiers déficits cognitifs, qui pourraient être liés à un tel dysfonctionnement des synapses.

L'objectif maintenant pour les chercheurs est de poursuivre l'étude de l'effet des agrégats amyloïdes en essayant en particulier d'empêcher leur interaction avec CamKII et la perte des synapses observées au cours de la maladie.

« L'ANSM interdit le valproate à toutes les femmes en âge de procréer »
Posté le 13/06/2018 à 10:55
Le Monde note en effet que « le valproate est interdit pendant la grossesse et ne doit plus être prescrit aux femmes, adolescentes ou en âge de procréer, sauf exceptionnellement contre l'épilepsie », selon l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.
Le journal explique que « dès juillet 2017, face à l'utilisation encore trop importante du valproate par des femmes enceintes ou susceptibles de le devenir, l'ANSM avait décidé de le contre-indiquer chez ces femmes dans le traitement de troubles bipolaires. Elle avait alors saisi l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour étendre cette contre-indication au niveau européen et envisager d'autres mesures ».
Le quotidien relève que « la Commission européenne avait entériné en mars cette contre-indication, ainsi que les mesures de réduction des risques déjà mises en place par la France et avait demandé la mise en place de mesures additionnelles. Lesquelles seront appliquées à partir de la fin de juin ».
Le Monde précise que « la contre-indication a été associée à la mise en place d'un pictogramme sur les boîtes et sur les plaquettes de ces médicaments, accompagné d'une mise en garde «Valproate + grossesse = interdit. Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes». [...] Cette mise en garde [...] va être étendue aux médicaments à base de valproate, Dépakine et génériques, pour les épileptiques ».
Le journal note que « si le valproate est la seule option, les grossesses doivent absolument être évitées, selon l'Agence du médicament. Le valproate ne peut être prescrit à une femme enceinte ou qui envisage une grossesse «sauf dans des situations exceptionnelles d'épilepsie résistante aux autres traitements» ».
Le Monde ajoute qu'« un «QR code» sera ultérieurement apposé sur les boîtes et renverra à un site Internet donnant une information validée sur les risques d'exposition au valproate pendant la grossesse. Par ailleurs, les documents d'information pour les patients et les professionnels seront mis à jour en juillet ».
Le quotidien rappelle qu'« entre 2150 et 4100 enfants ayant été exposés in utero au valproate et à ses dérivés au cours de la période 1967-2016 seraient atteints d'au moins une malformation congénitale majeure, selon une estimation pour la France établie par une étude des autorités sanitaires publiée il y a un an ».
« En 2014, l'EMA avait relevé des études montrant que «30 à 40%» des enfants exposés à cette molécule dans le ventre de leur mère connaissaient des troubles tels que «des retards dans la marche et le langage, des problèmes de mémoire, des difficultés de langage ou d'expression et de moindres capacités intellectuelles». De plus, 11% d'entre eux souffraient de malformations, soit quatre fois plus que la normale », souligne le journal.

Immunothérapie et maladie de Parkinson
Posté le 07/04/2018 à 07:16
e Parisien annonce en effet que « des médecins travaillent activement au développement de l'immunothérapie, qui fait notamment ses preuves dans la prise en charge du cancer du poumon. [...] Un médicament diffusé en perfusion pour stimuler le système immunitaire, et l'aider, dans le cas de Parkinson, à se débarrasser des dépôts anormaux de protéines dans le cerveau ».
Le journal indique que « la phase 2 d'un essai clinique international a commencé. Plus de 300 patients seront inclus ».
Stéphane Hunot, chef d'équipe à l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM), précise que « c'est un peu comme un vaccin thérapeutique. L'idée est d'aller piéger les protéines anormales de façon à enrayer la progression de la maladie. Plusieurs études américaines ont montré une efficacité et une bonne tolérance des patients. C'est une piste intéressante et prometteuse ».
Le Parisien observe que « Didier Robiliard, président de [l'association de patients] France Parkinson, ne cache pas «fonder beaucoup d'espoir» en l'immunothérapie, tout en suivant de près les autres voies. Un essai européen est notamment en cours pour faire baisser les taux trop élevés de fer dans le cerveau. S'il est essentiel à l'organisme, l'excès de fer pourrait en effet être à l'origine d'une dégénérescence des neurones ».
« Un champ des possibles susceptible de mettre un jour à mal cette maladie qui se soigne mais ne se guérit pas. Et qui est loin de se résumer à des tremblements », poursuit le quotidien. Stéphane Hunot souligne ainsi qu'« il faudrait plutôt dire les maladies de Parkinson. Selon leurs facteurs de risque - génétiques, environnementaux... - elles se développent différemment ».
Le quotidien ajoute : « En toile de fond, l'idée que comme le cancer, la maladie dégénérative pourrait bénéficier de médecine ciblée, personnalisée, s'intéressant aux causes autant qu'aux conséquences ».
Le Parisien publie un entretien avec le Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes, qui « détaille [...] cette nouvelle piste de recherche alors qu'une grande campagne pour une meilleure connaissance de la maladie débute ce vendredi ».
Le spécialiste explique que « les traitements - médicamenteux et chirurgicaux - associés notamment à de l'activité physique, ont permis des progrès considérables... mais il faut aller plus loin. Une des pistes nouvelle et prometteuse est l'immunothérapie. Prenez le cerveau : il est rempli de protéines alpha-synucléines. Mais chez quasiment tous les patients de la maladie de Parkinson, elles s'agrègent de façon anormale, notamment dans les cellules à dopamine, indispensable au contrôle des mouvements du corps. D'où l'idée d'aller éliminer à la source ces dépôts anormaux par l'immunothérapie ».
Le Pr Damier indique que cette technique utilisée en cancérologie « fait ses preuves ! Dans le cas du cancer, la cellule ne contrôle pas sa multiplication. Dans celui de la maladie neurodégénérative, elle active un programme de mort cellulaire. Il y a comme un mécanisme de miroir. Or, l'immunothérapie renforce les défenses du patient ».
« Dans notre essai Parkinson, on injecte un certain type d'anticorps dits monoclonaux (issus d'une même souche de lymphocytes, les globules blancs essentiels à l'activation du système immunitaire NDLR). Leur mission : cibler les dépôts de protéines et les détruire. Nous commençons la phase II de l'étude clinique internationale avec des patients perfusés tous les mois », précise le neurologue.
Il ajoute que « le but est de ralentir le processus dégénératif, voire de le stopper si on arrive au tout début de la maladie. Cela veut dire une bien meilleure qualité de vie, moins de fatigue, de raideurs, de problèmes gestuels, de troubles intestinaux. Moins de tremblements aussi même si ce symptôme ne concerne «que» 30% des patients. Pour eux, c'est un nouvel et bel espoir ».

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