ANLLF
Espace grand public
  Actu / Revue de presse

 

Maladie d'Alzheimer : comment les agrégats amyloïdes altèrent le fonctionnement des neurones
Posté le 19/06/2018 à 09:04
L'accumulation de peptides amyloïdes sous forme de plaques dans le cerveau est l'un des principaux marqueurs de la maladie d'Alzheimer. Si les effets délétères des agrégats de peptide amyloïdes sont établis, leur mécanisme d'action dans les cellules cérébrales restait mal défini. Des chercheurs du CNRS et de l'université de Bordeaux viennent de mettre en évidence qu'ils altèrent le fonctionnement normal des connections entre neurones en interagissant avec une enzyme clé de la plasticité synaptique. Ces résultats seront publiés le 12 juin 2018 dans la revue Cell Reports.
Touchant près d'un million de Français, la maladie d'Alzheimer est caractérisée par une altération précoce des facultés cognitives des patients suivie d'une dégénérescence neuronale dans les stades plus tardifs. Trois types de lésions cérébrales caractérisent la maladie : la perte neuronale, la dégénérescence fibrillaire et l'accumulation de peptides amyloïdes qui forment les plaques amyloïdes. L'implication respective de ces différents éléments dans le développement des symptômes de la maladie reste à ce jour mal connu.

Les chercheurs savaient par exemple que le peptide amyloïde perturbe les synapses, les zones de contact et de communication chimique entre neurones, mais ignoraient comment, jusqu'aux travaux menés par les équipes de l'Institut interdisciplinaire de neurosciences (CNRS/université de Bordeaux). Celles-ci ont découvert le mécanisme moléculaire liant les agrégats amyloïdes aux déficits de fonctionnement des synapses observés dans des modèles animaux de la maladie d'Alzheimer : ces dépôts de peptides interagissent avec une enzyme clé de l'équilibre synaptique, ce qui empêche sa mobilisation normale.

Cette molécule, appelée CamKII, orchestre habituellement la plasticité synaptique, un phénomène d'adaptabilité des neurones leur permettant de renforcer la réponse aux signaux qu'ils échangent. Les ensembles de neurones qui codent pour une information à mémoriser sont connectés par des synapses, qui sont elles-mêmes sous contrôle de mécanismes de plasticité synaptique. Quand la connexion entre deux neurones doit être renforcée pour mémoriser une information, par exemple lors d'une stimulation intense, CamKII s'active et entraîne une cascade de réactions renforçant les capacités de transmission des messages entre ces neurones. La plasticité synaptique est au cœur de la mémoire et de l'apprentissage. Les peptides amyloïdes empêchent CamKII de participer au processus de plasticité synaptique et ce blocage entraîne à terme la disparition de la synapse. Cette découverte pourrait trouver son application dans les phases précoces de la maladie d'Alzheimer où sont observées les premiers déficits cognitifs, qui pourraient être liés à un tel dysfonctionnement des synapses.

L'objectif maintenant pour les chercheurs est de poursuivre l'étude de l'effet des agrégats amyloïdes en essayant en particulier d'empêcher leur interaction avec CamKII et la perte des synapses observées au cours de la maladie.

« L'ANSM interdit le valproate à toutes les femmes en âge de procréer »
Posté le 13/06/2018 à 10:55
Le Monde note en effet que « le valproate est interdit pendant la grossesse et ne doit plus être prescrit aux femmes, adolescentes ou en âge de procréer, sauf exceptionnellement contre l'épilepsie », selon l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.
Le journal explique que « dès juillet 2017, face à l'utilisation encore trop importante du valproate par des femmes enceintes ou susceptibles de le devenir, l'ANSM avait décidé de le contre-indiquer chez ces femmes dans le traitement de troubles bipolaires. Elle avait alors saisi l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour étendre cette contre-indication au niveau européen et envisager d'autres mesures ».
Le quotidien relève que « la Commission européenne avait entériné en mars cette contre-indication, ainsi que les mesures de réduction des risques déjà mises en place par la France et avait demandé la mise en place de mesures additionnelles. Lesquelles seront appliquées à partir de la fin de juin ».
Le Monde précise que « la contre-indication a été associée à la mise en place d'un pictogramme sur les boîtes et sur les plaquettes de ces médicaments, accompagné d'une mise en garde «Valproate + grossesse = interdit. Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes». [...] Cette mise en garde [...] va être étendue aux médicaments à base de valproate, Dépakine et génériques, pour les épileptiques ».
Le journal note que « si le valproate est la seule option, les grossesses doivent absolument être évitées, selon l'Agence du médicament. Le valproate ne peut être prescrit à une femme enceinte ou qui envisage une grossesse «sauf dans des situations exceptionnelles d'épilepsie résistante aux autres traitements» ».
Le Monde ajoute qu'« un «QR code» sera ultérieurement apposé sur les boîtes et renverra à un site Internet donnant une information validée sur les risques d'exposition au valproate pendant la grossesse. Par ailleurs, les documents d'information pour les patients et les professionnels seront mis à jour en juillet ».
Le quotidien rappelle qu'« entre 2150 et 4100 enfants ayant été exposés in utero au valproate et à ses dérivés au cours de la période 1967-2016 seraient atteints d'au moins une malformation congénitale majeure, selon une estimation pour la France établie par une étude des autorités sanitaires publiée il y a un an ».
« En 2014, l'EMA avait relevé des études montrant que «30 à 40%» des enfants exposés à cette molécule dans le ventre de leur mère connaissaient des troubles tels que «des retards dans la marche et le langage, des problèmes de mémoire, des difficultés de langage ou d'expression et de moindres capacités intellectuelles». De plus, 11% d'entre eux souffraient de malformations, soit quatre fois plus que la normale », souligne le journal.

Immunothérapie et maladie de Parkinson
Posté le 07/04/2018 à 07:16
e Parisien annonce en effet que « des médecins travaillent activement au développement de l'immunothérapie, qui fait notamment ses preuves dans la prise en charge du cancer du poumon. [...] Un médicament diffusé en perfusion pour stimuler le système immunitaire, et l'aider, dans le cas de Parkinson, à se débarrasser des dépôts anormaux de protéines dans le cerveau ».
Le journal indique que « la phase 2 d'un essai clinique international a commencé. Plus de 300 patients seront inclus ».
Stéphane Hunot, chef d'équipe à l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM), précise que « c'est un peu comme un vaccin thérapeutique. L'idée est d'aller piéger les protéines anormales de façon à enrayer la progression de la maladie. Plusieurs études américaines ont montré une efficacité et une bonne tolérance des patients. C'est une piste intéressante et prometteuse ».
Le Parisien observe que « Didier Robiliard, président de [l'association de patients] France Parkinson, ne cache pas «fonder beaucoup d'espoir» en l'immunothérapie, tout en suivant de près les autres voies. Un essai européen est notamment en cours pour faire baisser les taux trop élevés de fer dans le cerveau. S'il est essentiel à l'organisme, l'excès de fer pourrait en effet être à l'origine d'une dégénérescence des neurones ».
« Un champ des possibles susceptible de mettre un jour à mal cette maladie qui se soigne mais ne se guérit pas. Et qui est loin de se résumer à des tremblements », poursuit le quotidien. Stéphane Hunot souligne ainsi qu'« il faudrait plutôt dire les maladies de Parkinson. Selon leurs facteurs de risque - génétiques, environnementaux... - elles se développent différemment ».
Le quotidien ajoute : « En toile de fond, l'idée que comme le cancer, la maladie dégénérative pourrait bénéficier de médecine ciblée, personnalisée, s'intéressant aux causes autant qu'aux conséquences ».
Le Parisien publie un entretien avec le Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes, qui « détaille [...] cette nouvelle piste de recherche alors qu'une grande campagne pour une meilleure connaissance de la maladie débute ce vendredi ».
Le spécialiste explique que « les traitements - médicamenteux et chirurgicaux - associés notamment à de l'activité physique, ont permis des progrès considérables... mais il faut aller plus loin. Une des pistes nouvelle et prometteuse est l'immunothérapie. Prenez le cerveau : il est rempli de protéines alpha-synucléines. Mais chez quasiment tous les patients de la maladie de Parkinson, elles s'agrègent de façon anormale, notamment dans les cellules à dopamine, indispensable au contrôle des mouvements du corps. D'où l'idée d'aller éliminer à la source ces dépôts anormaux par l'immunothérapie ».
Le Pr Damier indique que cette technique utilisée en cancérologie « fait ses preuves ! Dans le cas du cancer, la cellule ne contrôle pas sa multiplication. Dans celui de la maladie neurodégénérative, elle active un programme de mort cellulaire. Il y a comme un mécanisme de miroir. Or, l'immunothérapie renforce les défenses du patient ».
« Dans notre essai Parkinson, on injecte un certain type d'anticorps dits monoclonaux (issus d'une même souche de lymphocytes, les globules blancs essentiels à l'activation du système immunitaire NDLR). Leur mission : cibler les dépôts de protéines et les détruire. Nous commençons la phase II de l'étude clinique internationale avec des patients perfusés tous les mois », précise le neurologue.
Il ajoute que « le but est de ralentir le processus dégénératif, voire de le stopper si on arrive au tout début de la maladie. Cela veut dire une bien meilleure qualité de vie, moins de fatigue, de raideurs, de problèmes gestuels, de troubles intestinaux. Moins de tremblements aussi même si ce symptôme ne concerne «que» 30% des patients. Pour eux, c'est un nouvel et bel espoir ».

Intelligence artificielle
Posté le 30/03/2018 à 10:04
Le rapport de la mission Villani sur l'intelligence artificielle (IA) remis ce mercredi au gouvernement comprend plusieurs recommandations pour soutenir le développement des technologies d'IA dans le secteur de la santé, identifié comme l'un des quatre champs prioritaires où la France doit concentrer ses efforts économiques et industriels. Le Président de la République doit annoncer ce jeudi la stratégie privilégiée par le gouvernement dans ce domaine. 1,5 milliard d'euros de crédits publics sur l'ensemble du quinquennat seront consacrés à l'IA. « L'intelligence artificielle ne substituera pas aux médecins et aux chercheurs», a lancé Emmanuel Macron lors de son discours au Collège de France.

Sur demande du gouvernement, le mathématicien et député de l'Essonne (LREM) Cédric Villani a planché six mois pour élaborer un document dense de près de 250 pages. Une quinzaine de propositions concernent directement le déploiement de l'intelligence artificielle dans la médecine et la santé.

Prédiagnostic médical, stratégie thérapeutique, personnalisation des traitements, suivi prédictif du développement d'une pathologie, aide à l'orientation dans le parcours de soins, gestion des flux hospitaliers, recherches clinique et fondamentale... L'utilisation de l'IA en santé est protéiforme.

Ouvrir les données de la Sécu


End of ad break in 26 s
Le lauréat 2010 de la médaille Fields propose de lancer un nouveau chantier spécifique IA accompagnant le dossier médical partagé (DMP). Le DMP serait alors « élargi comme un espace sécurisé où les individus pourraient stocker leurs données, en ajouter d'autres eux-mêmes, autoriser leur partage à d'autres acteurs (médecins, chercheurs, membres de l'entourage, etc.) et les récupérer pour en créer d'autres usages ».

Pour développer le potentiel de l'IA en santé, la France doit se doter d'une plateforme d'accès et de mutualisation des données pour la recherche et l'innovation en santé (regroupant dans un premier temps les données médico-administratives, puis les données génomiques, cliniques, hospitalières...). Cet outil aura vocation à se substituer à terme au socle du système national des données de santé, pépite qui comprend 20 milliards de lignes de prestation articulées avec la base de données de programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) de la Sécu. Ce système « unique au monde » doit s'ouvrir pour mieux être exploité au service de l'innovation, plaide le mathématicien.

Dans la même veine, Cédric Villani propose de « développer une offre lisible d'accès aux bases de données hospitalières ». « Les hôpitaux héritent, disposent ou se constituent de bases de données moléculaires et d'annotation cliniques, lit-on. Il serait bénéfique d'inciter les hôpitaux à organiser des data science bowl ou challenges autour des jeux de données. »

Réformer les études médicales

Le scientifique s'intéresse également aux voies d'accès aux études médicales, qu'il souhaite « transformer », afin de diversifier les profits et intégrer plus d'étudiants spécialisés dans l'informatique et l'IA (création de double cursus, reconnaissance d'équivalence). Selon lui, il s'agit aussi de « mettre un terme à la logique de compétition tout au long du cursus universitaire qui s'avère contre-productive pour développer une coordination transdisciplinaire et structurer les postures d'autorité médecins - patients ».

Sans surprise, il milite pour une meilleure formation des médecins et autres professionnels de santé aux usages de l'IA, de l'internet des objets et du big data. « Cette transformation de la formation initiale pourrait avoir lieu dans la réforme en cours du premier et deuxième cycle de médecine », préconise-t-il.

Dernier point d'importance : l'IA nécessite de « clarifier la responsabilité médicale des professionnels de santé ». « En l'absence de la reconnaissance d'une personnalité juridique autonome pour l'algorithme et le robot, il serait envisageable de tenir le médecin pour responsable de l'utilisation des programmes, algorithmes et systèmes d'intelligence artificielle, sauf défaut de construction de la machine. »

Pénurie de médicaments
Posté le 28/02/2018 à 18:41
e Parisien se penche sur les MITM, « pour Médicaments d'intérêt thérapeutique majeur. Ceux dont l'absence en pharmacie peut engendrer, selon la loi santé du 26 janvier 2016, «un risque grave et immédiat» pour le patient. Un produit est en rupture de stock dès lors qu'une officine est incapable de le fournir sous 72 heures ».
Le journal constate que « l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en a répertorié près de 530 en 2017. Un chiffre «qui reste à consolider», précise-t-elle, mais d'ores et déjà inédit. Le nombre de signalements a ainsi bondi de 30% en un an. A titre de comparaison, la pénurie concernait 405 spécialités en 2016 et 391 en 2015 ».
Le quotidien ajoute que « plus alarmant encore, le podium des médicaments en «tensions d'approvisionnement» : plus de 20% des signalements concernent des «anti-infectieux généraux», c'est-à-dire des vaccins, juste devant les préparations liées au système nerveux, prescrits par exemple contre l'épilepsie ou la maladie de Parkinson ».
Le Parisien évoque ainsi « une défaillance de l'outil de production dans un cas sur cinq. Cela implique les retards de fabrication, les pannes d'équipement ou encore la «perte de savoir-faire», explique l'ANSM. Capacité de production insuffisante, difficulté d'approvisionnement en matière première et défaut de qualité des produits finis sont aussi souvent tenus pour responsables des carences ».
Le journal relève que « dès son rapport d'activité de 2015, l'ANSM s'inquiétait des «nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu». Une politique pourtant susceptible de «mettre en jeu le pronostic vital des patients», ou de représenter «une perte de chance importante au regard de la gravité ou du potentiel évolutif de la maladie» ».
Le quotidien rappelle que « lorsqu'il y a pénurie, les textes obligent l'ANSM à «anticiper, informer, coordonner». Elle analyse le risque lié à l'indisponibilité, organise un suivi de stocks et peut décider de restreindre les canaux de distribution aux seules pharmacies hospitalières. Un «stock de sécurité» peut également être provisionné ».
Le Parisien ajoute que « de son côté, l'entreprise pharmaceutique est tenue d'informer l'ANSM de tout risque de rupture, puis de proposer des alternatives. Elle doit alors avertir et accompagner professionnels de santé et associations de patients. C'est en tout cas ce que dit la loi ».
Le journal note que « les entreprises du médicament (regroupées au sein du syndicat LEEM) font part de leur préoccupation sur ce sujet ». Le LEEM remarque ainsi que « ces situations sont difficiles à accepter pour les patients, les médecins et les pharmaciens, car une interruption de traitement, même très momentanée, peut avoir des incidences graves sur la santé d'un malade. Dans la plupart des cas les industriels ont pris la mesure de l'importance des ruptures et se donnent les moyens pour les éviter et les traiter ».
Le Parisien publie en outre un entretien avec Martine, 67 ans, qui « lutte contre un cancer de la vessie. Son urologue a dû suspendre le traitement car il reposait sur un médicament en rupture de stock à l'échelle nationale ».
Le quotidien explique que « l'Ametycine, l'antibiotique anticancéreux prescrit à cette patiente de 67 ans, n'est plus commercialisé depuis le 20 mars 2017. Et son substitut, Mitomycin-C, est régulièrement en rupture de stock ».
Le journal relève que « l'établissement privé [où Martine suit sa chimiothérapie] assure qu'«on ne parlait pas encore de pénurie lorsque le médicament a été prescrit». Et l'Ordre des médecins du Val-de-Marne «n'imagine pas qu'une équipe puisse débuter un protocole de soins sans être certaine de pouvoir l'achever». C'est pourtant ce qui est arrivé à Martine ».
Celle-ci « contacte les hôpitaux de la région à la recherche du médicament » et déclare : « L'hôpital Henri-Mondor de Créteil était en rupture. Comme le CHU du Kremlin-Bicêtre, également obligé d'interrompre les protocoles en cours. Et l'Institut de cancérologie Gustave-Roussy de Villejuif ne possède pas ce traitement ».
Le Parisien note que « la quatrième tentative sera la bonne : les doses manquantes lui sont immédiatement mises de côté. «Je vais pouvoir terminer mon traitement, souffle Martine. Mais qu'en est-il des autres patients ?» ».
Le journal observe que « le mode d'approvisionnement de ce produit est bancal. Depuis que le laboratoire Sanofi a définitivement cessé de produire et de commercialiser l'Ametycine au niveau mondial, c'est le japonais Kyowa Hakko Kirin qui a repris la main. Il importe régulièrement, affirme l'ANSM, «plusieurs milliers d'unités» de Mitomycin-C «initialement destinées au marché anglais». [...] Mais il y a fort à parier qu'il est l'un de ceux dont les «stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production [conduisent] à produire en flux tendu», pour reprendre les termes de l'ANSM ».

« Un service sanitaire pour tous les étudiants en santé »
Posté le 27/02/2018 à 22:01
La Croix note en effet qu'« hier, à Angers, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur, ont annoncé l'instauration d'un service sanitaire d'une durée de 3 mois, mais à mi-temps ».
« Cela signifie qu'il s'étalera sur 6 semaines à temps plein ou 60 demi-journées. Avec un double objectif?: permettre à tous les étudiants en santé d'avoir un enseignement sur la prévention durant leur cursus puis leur permettre, ensuite, d'aller sur le terrain mettre en pratique leurs connaissances, notamment auprès des jeunes », indique le journal.
Il précise que « la mesure sera mise en place dès la rentrée prochaine pour les futurs médecins, dentistes, sages-femmes, pharmaciens, kinésithérapeutes et infirmières, soit un total de 47.000 étudiants. À la rentrée 2019 seront concernées toutes les formations en santé (ergothérapie, orthophonie...), soit 3000 étudiants supplémentaires ».
Le gouvernement qui, « pour élaborer cette réforme, s'est appuyé sur un rapport du Pr Loïc Vaillant », ajoute que « l'objectif de long terme est de garantir une compétence de tous les professionnels de santé pour mener des actions de prévention et de promotion de la santé auprès de tous les publics?».
La Croix explique qu'« une fois formés, les étudiants iront dans des écoles, des collèges, des lycées, des maisons de retraite, des lieux de privation de liberté mais aussi des entreprises, si celles-ci se portent volontaires ».
Le quotidien note que « pour la première année, le rapport Vaillant propose que les actions portent sur 4 thématiques?: l'alimentation, l'activité physique, les addictions (tabac, alcool, cannabis...) ainsi que l'activité et la vie sexuelle, avec la contraception ».
Le document remarque ainsi que « le service sanitaire constitue un enjeu réel de solidarité. Il conduit à envisager la réalisation des actions de prévention au bénéfice des personnes les plus éloignées de notre système de santé?».
La Croix évoque « la volonté d'inculquer une certaine culture de la prévention dans les études de santé » et cite Yanis Merad, président de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), qui réagit : «?Cela manque aujourd'hui car notre cursus, notamment à travers les stages hospitaliers, est quasi entièrement axé sur le curatif?».
Le Parisien aborde également ce « service sanitaire des étudiants en médecine » : « Soigner les maladies c'est bien, mais empêcher qu'elles ne surviennent, c'est mieux. Pour cela, il faut miser sur la prévention, une approche qui est encore trop peu utilisée en France, où l'on privilégie trop systématiquement le soin médicamenteux ».
Le journal retient que « pour remédier à cette faiblesse en termes de santé publique, et qui expliquerait le retard de la France sur certains indicateurs - notamment la forte consommation de tabac chez les jeunes - la ministre de la Santé et celle de l'Enseignement supérieur [...] ont lancé [...] le «service sanitaire» ».
Le quotidien ajoute que « le but de cette réforme est aussi de modifier la pratique des médecins ». Les deux ministères indiquent ainsi que « les cursus de santé restent trop orientés vers l'acquisition des connaissances, trop peu vers l'évaluation des compétences. Nos étudiants sont plus à l'aise pour préciser la physiopathologie de l'athérosclérose que pour animer un atelier susceptible de modifier les comportements d'un groupe d'adolescents. Ce sont des réalités que nous devons changer et c'est cela l'objectif du service sanitaire ».
Les Echos évoque aussi ce « service sanitaire obligatoire pour les étudiants en santé dès la rentrée 2018 », « une première en Europe », et indique notamment que « le rapport du Pr Vaillant remis au gouvernement préconise de laisser une grande souplesse aux acteurs locaux pour l'organiser ».

Buzyn : « vers une tarification à la qualité et au parcours, y compris en médecine de ville »
Posté le 20/02/2018 à 21:41
Agnès Buzyn a affirmé lundi vouloir « aller vers une tarification à la qualité et au parcours de soins, y compris en médecine de ville, c'est-à-dire [...] ne pas continuer à financer la totalité des actes en ville », notamment pour les soins des maladies chroniques. Ces propos confirment ceux du Premier ministre Édouard Philippe, la semaine dernière, lors de la présentation du plan de transformation du système de santé.

« Aujourd'hui, nous tarifons des actes, quel que soit leur intérêt pour le malade. Ce qui est utile aux malades, y compris en médecine de ville, ça va être donc des tarifications par parcours où les professionnels de ville ou de l'hôpital vont avoir chacun une part de cette rémunération », a argumenté la ministre de la Santé dans « L'Épreuve de vérité » sur Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, « les Échos » et Radio classique.

Tarifer autrement les maladies chroniques

Est-ce une étape vers la fin du paiement à l'acte chez le médecin généraliste?? Agnès Buzyn s'en est défendu, en rappelant que « le paiement à l'acte est utile pour toutes les consultations aiguës », par exemple « quand vous avez la grippe ».

« Mais chez quelqu'un qui a un diabète, qui va vivre avec son diabète vingt ans, dont on sait que chaque année, il doit avoir x consultations, x examens de sang, une consultation chez un podologue, chez un cardiologue, chez un ophtalmo, on peut imaginer tarifer au parcours, par exemple sur les maladies chroniques », a-t-elle énuméré. « Nous avons prévu de commencer sur les ALD et il n'est évidemment pas question de revenir complètement sur le paiement à l'acte, nous savons à quel point les médecins (y) sont attachés », a-t-elle tranché, alors que des leaders syndicaux ont manifesté leur vive inquiétude à ce sujet, au premier rang desquels le Syndicat des médecins libéraux (SML).

Selon la ministre de la Santé, une telle réforme du financement des soins éviterait des disparités de pratique. « On a quatre fois plus de césariennes dans une région que dans une autre, trois fois plus de retraits des amygdales [...] : on se rend bien compte que ces disparités pratiques cachent quelque part des inégalités d'accès aux soins », a-t-elle détaillé.

Le terrain est miné mais Agnès Buzyn a assuré que ces réformes des modes de rémunération « ne se feront pas sans les médecins ». « C'est à eux de déterminer ce qui est un parcours de qualité pour un malade, ça n'est pas à l'administration de choisir comment soigner un diabétique », a-t-elle encore précisé.

Un think tank imagine des scénarios futuristes Réforme ou désintégration : quel système de santé en 2030??
Posté le 13/02/2018 à 07:57
Quel sera notre système de santé dans 10 ans?? Et sans boule de cristal... Le premier Forum « santé et avenir », organisé par le groupe Sud Ouest et qui a réuni 900 personnes à Bordeaux, s'est essayé à la prospective.
Le défi a été relevé par Solange Ménival et Roland Michel, respectivement présidente et délégué général du think tank « Stratégie Innovations Santé », qui ont livré trois scénarios futuristes issus de l'audition de 45 acteurs de santé - praticiens, chercheurs, patients, institutionnels ou industriels. Trois façons aussi de répondre aux défis du vieillissement de la population, de l'amplification des maladies chroniques et d'une révolution technologique sans précédent fragilisant un système de soins qui mobilise 11 % de notre PIB.
Petits pas ou Amazon??
Premier scénario : le changement sans rupture, à petits pas. « C'est la stratégie actuelle, qui consiste à faire évoluer notre modèle de système de santé solidaire sans le bouleverser, explique Roland Michel. Cela signifie multiplier les maisons de santé, améliorer le parcours de soins, la coopération entre professionnels... ». Les données de santé seraient utilisées de façon maîtrisée pour faciliter les échanges autour du patient (DMP, messageries sécurisées, aides en ligne, etc.). 
Le second scénario est celui d'une transformation plus franche mais conservant le principe d'un système fondé sur la solidarité. Il table sur « la mise en place d'une synergie des acteurs publics, privés et des mutuelles » mais aussi sur « le changement de statut des hôpitaux avec davantage d'autonomie », notamment dans la gestion des ressources humaines et financières. 
Enfin, nos deux futurologues envisagent un scénario catastrophe, celui de « la disruption de notre système de santé face à la puissance des GAFAM* ». Utilisant la toute-puissance du big data, l'intelligence artificielle et la e-santé comme chevaux de Troie, ces ogres modernes feraient exploser notre modèle égalitaire. « Il y a peu, qui aurait imaginé voir Amazon concurrencer Carrefour?? s'interroge Roland Michel. Il pourrait en être de même pour la santé. »
Si Michel Laforcade, directeur de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, maintient sa confiance au premier scénario (la réforme douce dans le cadre actuel), Jean-Louis Davet, directeur général délégué du géant mutualiste Vyv mise sur la seconde hypothèse, où les lignes bougent plus nettement. « Je crains que le premier scénario ne mène au troisième », ironise-t-il. Il aurait été intéressant de recueillir l'avis d'Agnès Buzyn qui n'a pas répondu à l'invitation des organisateurs du forum.
Repenser les études, simplifier les échanges 
Voyageant vers le futur, ce rendez-vous bordelais a montré toute sa richesse au fil de 21 ateliers confrontant chercheurs, patients et praticiens aux défis des nouvelles technologies. « Il faut repenser totalement  les études de médecine, a suggéré le Dr Philippe Arramon-Tucoo, radiologue, président de l'URPS médecins libéraux de Nouvelle-Aquitaine. Avons-nous besoin d'amasser autant de connaissances?? La problématique est plutôt de développer nos réflexions vers le care et de s'appuyer sur les technologies pour redonner du temps aux médecins. »
À cet égard, plusieurs responsables médicaux ont souligné l'urgence d'instaurer des outils et plateformes numériques d'échange fiables et ergonomiques entre professionnels. Le succès du dossier pharmaceutique, piloté par les officinaux, a été comparé aux atermoiements sans fin du DMP... 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
Ce site utilise des cookies pour une meilleure expérience utilisateur. En poursuivant votre visite, nous comprenons que vous acceptez les cookies   En savoir plus