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  Actu / Revue de presse

 

JESFC : Facteurs de risque cardiovasculaire : quelle prévalence en France ?
Posté le 26/01/2019 à 06:23
La prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire au sein de la population française est mal documentée et la remarque vaut autant pour les chiffres actuels que pour leur évolution récente. D'où l'intérêt de ces deux études nationales portant sur des adultes (18-74 ans), respectivement ENNS-2006 et Esteban-2015, qui permettent de dresser un constat critique. L'hypertension artérielle était définie par une pression artérielle > 140-90 mmHg et l'hypercholestérolémie par un LDL-chol > 1,6 g/L ou la prise d'un traitement anticholestérolémiant. En 2015, la prévalence de l'obésité et des surcharges pondérales a été estimée à 54 % chez les hommes et à 44 % chez les femmes. Les chiffres ont été les suivants pour les autres facteurs de risque : (1) tabagisme : 33 % et 25 % ; (2) diabète traité : 5,4 % et 1,3 % ; (3) hypertension artérielle : 36 % et 30 % ; (4) dyslipidémie significative (LDL-cholestérol > 1,60 g/l) : 25 % et 24 % ; (5) activité physique suffisante selon les critères de l'OMS : 53 % et 70 %.

Par rapport à 2010, dans le sexe masculin, les chiffres sont restés stables. Il en a été autrement dans le sexe féminin : (1) la prévalence du tabagisme et des surcharges pondérales (incluant l'obésité) a augmenté dans la tranche d'âge 40-54 ans ; (2) le niveau moyen de la PA systolique au-dessous de l'âge de 64 ans a augmenté ; (3) le niveau d'activité physique a diminué à tous les âges.

Dans les deux sexes, la prévalence de l'hypercholestérolémie a diminué (du fait d'une moindre proportion de patients traités par les statines), mais les taux plasmatiques moyens de LDL-C sont restés stables entre 2006 et 2015.

En bref, la prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire reste élevée en 2015, mais stable dans le sexe masculin, alors que, dans le sexe féminin, l'évolution est plus défavorable.Olié V et coll. : Prevalence of cardiovascular risk factors in French adults in 2015 and time trends since 2006. 29e Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JESFC) (Paris) : 16-19 janvier 2019.

Etre bercé améliore le sommeil et la mémoire
Posté le 26/01/2019 à 06:17
Dans les bras pour un bébé ou dans un hamac pour un adulte, le fait d'être bercé est bien connu pour faciliter l'endormissement. Une équipe suisse montre dans une étude chez l'homme et l'autre chez la souris, publiées dans « Current Biology », comment le bercement améliore le sommeil mais aussi la mémoire.

Les chercheurs de l'université de Lausanne, de l'université de Genève et de l'hôpital universitaire de Genève, avaient déjà montré par le passé qu'un balancement continu le temps d'une sieste de 45 minutes aide à s'endormir plus vite et pour un sommeil profond.

Un bercement lent en 4 secondes

Ici, l'équipe de Laurence Bayer et Aurore Perrault a étudié le sommeil durant trois nuits entières chez 18 adultes n'ayant aucun problème pour dormir : une première nuit pour s'habituer au lieu, une 2e pour dormir dans le lit berçant et une 3e dans un lit statique classique. Les participants étaient bercés de manière douce dans un lit spécial à un rythme de 0,25 Hz (soit 4 secondes pour un balancement aller-retour) avec un dénivelé de 10 cm.

Les scientifiques ont constaté que le bercement facilitait l'endormissement mais aussi améliorait la qualité du sommeil, davantage de sommeil profond et moins de micro-réveils. Les participants bercés la nuit se rappelaient davantage de paires de mots appris la veille au coucher.

Le rôle de l'oreille interne

À l'aide d'enregistrements EEG réalisés lors du sommeil, les chercheurs ont constaté que les bercements entraînent les oscillations lentes du sommeil profond, avec la co-occurence de fuseaux rapides, connue pour faciliter la plasticité corticale. Ces travaux mettent en avant une co-incidence temporelle entre la survenue des oscillations du sommeil (fuseaux, oscillations lentes) et la fréquence des bercements.

Chez la souris, l'équipe coordonnée par Konstantinos Kompotis montre le rôle joué par le système vestibulaire pour médier la stimulation rythmique. Dans l'expérience, les souris étaient bercées dans leurs cages à un rythme 4 fois plus élevé que chez l'homme. Les rongeurs dépourvus d'oreille interne fonctionnelle n'étaient sensibles à aucun des bienfaits du bercement, contrairement à leurs congénères ayant une oreille interne saine.

Pour les auteurs, ces deux études « offrent un nouvel éclairage sur les mécanismes neurophysiologiques de l'effet de la stimulation du bercement sur le sommeil ». Les chercheurs ont pour projet de préciser les structures profondes cérébrales impliquées dans le bercement. Ces résultats laissent espérer de nouvelles approches pour traiter les troubles du sommeil, notamment dans les troubles de l'humeur, mais aussi chez les sujets âgés qui présentent souvent un sommeil de moins bonne qualité et des troubles de mémoire.

« Pénurie de médicaments : un quart des Français concernés »
Posté le 19/01/2019 à 07:12

Le Parisien annonce en effet que selon un sondage BVA pour France Assos Santé, « fédération [...] qui regroupe 85 associations en santé, [...] un quart des Français ont déjà été confrontés à une pénurie d'un médicament (anticancéreux, antiallergiques, antiépileptique...) ou d'un vaccin (Pneumovax, pour les personnes en attente de greffe, BCG...) ». Alain-Michel Ceretti, son président, remarque que « cela a des conséquences directes sur leur santé ».
Le journal souligne ainsi que « 45% des personnes impactées ont dû reporter, modifier, renoncer à leur traitement. Résultat : une augmentation des symptômes dans 14% des cas, une hospitalisation dans 5% ».
Le quotidien s'interroge : « Mais d'où viennent ces ruptures ? A des travaux de rénovation d'une usine par-ci, à une délocalisation par-là. Mais pour France Assos Santé, «les industriels sont très largement responsables, du fait de leurs stratégies financières contestables !» En clair, des labos réduisent leur stock pour limiter les pertes et vendent le reste au plus offrant ».
Le Parisien observe que « de son côté, l'ANSM, le gendarme du médicament, met en place des procédures pour assurer des substitutions et invite chaque personne concernée à consulter son médecin. Mais cela ne suffit pas à colmater les brèches ».
Alain-Michel Ceretti déclare ainsi : « Que les pouvoirs publics fassent leur travail, avec une harmonisation des politiques à l'échelle européenne ». Il « demande une information «claire sur les plans de gestion des pénuries» et aussi des sanctions financières aux laboratoires qui ne respectent pas ces plans », continue le journal.
Le Parisien livre en outre le témoigne d'un « septuagénaire [de la Somme qui] a déposé plainte ». Le quotidien explique : « Christian Bochet ne compte plus les kilomètres qu'il doit faire pour trouver le médicament dont sa femme a besoin. [...] Line, qui souffre de la maladie de Parkinson, a dû faire face à des ruptures de stock de son traitement. Son mari [...] vient de déposer une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme ».
Le journal évoque ainsi « la pénurie du Sinemet. Le traitement phare pris [...] par 45.000 patients en France, est en forte tension d'approvisionnement depuis que le laboratoire a suspendu sa production pour mettre son usine aux normes ».
Christian Bochet déclare notamment : « C'est insupportable. Je fais la tournée des pharmacies, jusqu'à 35 km à la ronde, pour en trouver. Il ne nous reste que 5 semaines de stock... Après, c'est le flou car Line ne supporte pas le Modopar, son substitut. Elle a essayé mais toutes ses constantes ont chuté ».
« Je fais valoir l'article 2, celui du droit à la vie et pointe l'atteinte aux droits fondamentaux d'accès aux soins », ajoute-t-il.
Le Parisien remarque que « l'ANSM, gendarme du médicament, a pourtant mis en place une procédure pour assurer aux malades de Parkinson une continuité des soins ». Christian Bochet note que « les alternatives ne marchent pas pour tout le monde. Mon combat est pour Line, et pour tous ces malades démunis ».

« Pénurie de médicaments : un quart des Français concernés »
Posté le 19/01/2019 à 07:12

Le Parisien annonce en effet que selon un sondage BVA pour France Assos Santé, « fédération [...] qui regroupe 85 associations en santé, [...] un quart des Français ont déjà été confrontés à une pénurie d'un médicament (anticancéreux, antiallergiques, antiépileptique...) ou d'un vaccin (Pneumovax, pour les personnes en attente de greffe, BCG...) ». Alain-Michel Ceretti, son président, remarque que « cela a des conséquences directes sur leur santé ».
Le journal souligne ainsi que « 45% des personnes impactées ont dû reporter, modifier, renoncer à leur traitement. Résultat : une augmentation des symptômes dans 14% des cas, une hospitalisation dans 5% ».
Le quotidien s'interroge : « Mais d'où viennent ces ruptures ? A des travaux de rénovation d'une usine par-ci, à une délocalisation par-là. Mais pour France Assos Santé, «les industriels sont très largement responsables, du fait de leurs stratégies financières contestables !» En clair, des labos réduisent leur stock pour limiter les pertes et vendent le reste au plus offrant ».
Le Parisien observe que « de son côté, l'ANSM, le gendarme du médicament, met en place des procédures pour assurer des substitutions et invite chaque personne concernée à consulter son médecin. Mais cela ne suffit pas à colmater les brèches ».
Alain-Michel Ceretti déclare ainsi : « Que les pouvoirs publics fassent leur travail, avec une harmonisation des politiques à l'échelle européenne ». Il « demande une information «claire sur les plans de gestion des pénuries» et aussi des sanctions financières aux laboratoires qui ne respectent pas ces plans », continue le journal.
Le Parisien livre en outre le témoigne d'un « septuagénaire [de la Somme qui] a déposé plainte ». Le quotidien explique : « Christian Bochet ne compte plus les kilomètres qu'il doit faire pour trouver le médicament dont sa femme a besoin. [...] Line, qui souffre de la maladie de Parkinson, a dû faire face à des ruptures de stock de son traitement. Son mari [...] vient de déposer une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme ».
Le journal évoque ainsi « la pénurie du Sinemet. Le traitement phare pris [...] par 45.000 patients en France, est en forte tension d'approvisionnement depuis que le laboratoire a suspendu sa production pour mettre son usine aux normes ».
Christian Bochet déclare notamment : « C'est insupportable. Je fais la tournée des pharmacies, jusqu'à 35 km à la ronde, pour en trouver. Il ne nous reste que 5 semaines de stock... Après, c'est le flou car Line ne supporte pas le Modopar, son substitut. Elle a essayé mais toutes ses constantes ont chuté ».
« Je fais valoir l'article 2, celui du droit à la vie et pointe l'atteinte aux droits fondamentaux d'accès aux soins », ajoute-t-il.
Le Parisien remarque que « l'ANSM, gendarme du médicament, a pourtant mis en place une procédure pour assurer aux malades de Parkinson une continuité des soins ». Christian Bochet note que « les alternatives ne marchent pas pour tout le monde. Mon combat est pour Line, et pour tous ces malades démunis ».

Botox et migraine chronique
Posté le 19/01/2019 à 06:51
Une nouvelle analyse ayant examiné l'effet de la toxine botulique de type A pour réduire la fréquence des céphalées migraineuses a découvert que l'efficacité de la toxine n'est pas seulement supérieure à celle d'un placebo pour réduire les migraines, mais qu'elle pourrait également conduire à des améliorations de la qualité de vie, ce qui est une première.

Des chercheurs ont analysé les données de 17 études ayant inclus un total de 3 646 patients et comparé des patients recevant la toxine botulique et des patients recevant des injections de placebo dans les muscles de la tête et du cou comme traitement préventif de la migraine.

Ils ont identifié une réduction significative de la fréquence des migraines chroniques avec la toxine botulique à trois mois, avec une différence moyenne dans le changement de la fréquence des migraines par mois de -1,56 (IC à 95 % : -3,05 à -0,07 ; P = 0,04). Une tendance à une réduction de la fréquence des migraines épisodiques a également été constatée.

Une analyse secondaire a par ailleurs identifié une réduction significative de la fréquence des migraines chroniques avec la toxine botulique de type A à deux mois. Une amélioration significative a également été observée concernant la qualité de vie des patients à trois mois dans le groupe de la toxine botulique de type A (P < 0,00001).

Présentant les résultats dans la revue Plastic and Reconstructive Surgery, les auteurs ont conclu : « La toxine botulique de type A est un traitement sûr et bien toléré, qui devrait être proposé aux patients souffrant de migraine. »

Références Disclaimer
Bruloy E, Sinna R, Grolleau JL, Bout-Roumazeilles A, Berard E, Chaput B. Botulinum Toxin versus Placebo: A Meta-Analysis of Prophylactic Treatment for Migraine. Plast Reconstr Surg. 2019 Jan;143(1):239-250.

Manifeste pour le maintien au travail des salariés souffrant de sclérose en plaques
Posté le 18/11/2018 à 08:40
La motivation, les compétences et la capacité à mener une vie professionnelle ne sont pas forcément altérées par la sclérose en plaques (SEP). D'où l'importance de sensibiliser le monde de l'entreprise, les autorités et le grand public à une meilleure inclusion des salariés concernés par cette maladie chronique évolutive (MCE) et de leurs proches aidants. C'est l'objectif que s'est donné le collectif Travail&SEP qui vient de publier un manifeste avec 15 recommandations concrètes.

Ce tout nouveau collectif créé en 2017 et composé des associations APF France Handicap, de la Ligue française contre la sclérose en plaques (LFSEP), de l'UNISEP et du laboratoire Roche planche depuis avril 2018 sur le sujet.

Des avancées politiques récentes montrent que les choses sont en train de bouger dans la société pour les MCE, notamment dans le 3e plan santé au travail (2016-2020), la loi Travail 2016 (jours de congé pour les aidants familiaux) ou encore le projet de loi PACTE.

L'ignorance, premier frein à lever

« Inventer des parcours de maintien dans l'emploi et sécuriser le statut de proche aidant sont deux priorités », a indiqué en conférence Alain Rochon, président d'AFP France Handicap. Avant tout, il est déterminant de lutter contre la méconnaissance de la maladie dans la société, comme le révèle l'enquête nationale confiée en parallèle à l'institut Harris Interactive. Près de 75% des Français interrogés se disent mal informés sur la SEP et notamment de son impact sur le travail. C'est ainsi que les propositions du collectif concernent 4 grands thèmes, dont le premier est d'améliorer la connaissance de la SEP dans le monde de l'entreprise.

Par exemple, cela passe par la conception d'un programme de sensibilisation spécifique de l'ANACT*, un partenariat tripartite associations de patients/organisations patronales/ syndicats de salariés ou encore la mise en place d'un référent Handicap pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Les trois autres visent à maintenir de la meilleure façon possible l'emploi pour les salariés et leurs proches aidants, notamment sur l'indemnisation de congé des proches aidants et la possibilité de prise multiple et fractionnée. Une plate-forme d'information transversale, travailetsep.voixdespatients.fr, a été créée pour soutenir le programme avec notamment des vidéos pédagogiques et des témoignages.

Surprotection contre-productive

La SEP est la 1re cause de handicap non traumatique chez l'adulte. « L'évolution de la SEP est aléatoire et imprévisible, a souligné le Pr Pierre Clavelou, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand et doyen directeur de l'université de médecine de la ville. Avec l'amélioration de la prise en charge, le handicap moteur n'est plus prépondérant et certains symptômes tels que la fatigue, les douleurs et les difficultés cognitives ont pris de l'importance. Au début de la maladie, les patients sont confrontés au dilemme de dire ou ne pas dire qu'ils sont atteints. »

Est-il acceptable de devoir renoncer à ses aspirations professionnelles pour pouvoir bénéficier de ses droits à être accompagné?? Entre surprotection et mise sur le banc de touche, l'écueils après l'annonce de la maladie est réel de ne pas répondre à l'envie du salarié malade de travailler au mieux de ses capacités.

Changer de regard sur le handicap

Comme l'a expliqué Alain Rochon, il n'y a pas de solution toute faite et le maintien dans l'emploi passe par une réponse individualisée et du « sur-mesure ». Pour le Dr Pascal Douek, président de l'UNISEP et ayant lui-même vécu les choses en tant que dirigeant d'entreprise atteint de SEP, « médecin du travail, collègues, managers, professionnels de l'ANACT, l'ensemble des acteurs doivent être impliqués. On ne peut pas standardiser, la solution passe par la confrontation entre le salarié et son entreprise ».

Pour Dominique Baradat, directrice du projet « Travail &MCE » à l'ANACT, « ce n'est pas au collectif d'absorber ce que ne peut pas faire le salarié. L'organisation du travail ne peut pas se faire sous l'angle de la solidarité sur le long terme. C'est la situation de travail qui crée le handicap. Si l'entreprise fait l'effort de se questionner sur l'ensemble des situations de travail rencontrées par le salarié, cela réinjecte de la souplesse qui peut bénéficier à tous ».

Vers un mouvement social infirmier d'ampleur inédite
Posté le 28/10/2018 à 17:33
Paris, le lundi 22 octobre 2018 - En juillet, les syndicats représentatifs d'infirmiers libéraux claquaient avec fracas la porte des négociations avec la CNAM. L'annonce du plan santé par le Président de la république, jugé « medico-centré », a fini d'échauffer les esprits des libéraux et des hospitaliers. Ainsi, ce qui n'était jusqu'ici qu'une vague espérance est en train de prendre corps et ce 19 octobre pas moins de 13 organisations libérales et hospitalières ont lancé à un appel à la « mobilisation générale le mardi 20 novembre prochain » pour rappeler « énergiquement à nos décideurs qu'il n'y aura pas de transformation du système de santé sans reconnaissance et valorisation équitable des acteurs de première ligne ».
Reconnaître les compétences infirmières

En premier lieu, une fois encore, les infirmiers exhortent les pouvoirs publics à exploiter et reconnaître les compétences infirmières.

Les auteurs du communiqué estiment en effet que « la raréfaction de la ressource médicale à l'hôpital et la désertification médicale en ville auraient dû conduire le gouvernement à privilégier une meilleure reconnaissance des compétences des 660 000 infirmiers en réactualisant le décret d'actes et d'exercice de 2002 ». « Au lieu de cela le ministère rechigne à réaliser la réingénierie du diplôme des infirmiers de bloc opératoire diplômés d'état (IBODE) et des infirmiers puériculteurs diplômés d'état (IPDE) ».
Assistants médicaux : à l'encontre du besoin des citoyens

Les organisations signataires tirent également à boulets rouges sur la création « d'assistants médicaux » vue comme une véritable provocation. Selon les indications du Président de la République, ils pourront en effet « effectuer des actes médicaux simples ». Face à une telle perspective, les organisations d'infirmières s'interrogent « la profession infirmière doit-elle accepter comme solde de tout compte la création des infirmières en pratiques avancées (IPA) dont les prérogatives promises ont été rognées par le corps médical quand parallèlement le gouvernement s'emploie à servir sur un plateau aux médecins généralistes des "secrétaires sanitarisées" payées par la collectivité ? ».
Une politique incohérente

Les auteurs pointent également l'incohérence générale des politiques publiques. Ainsi, « la diminution des durées moyennes de séjours à l'hôpital prônée par nos tutelles et voulue dans le cadre du "virage ambulatoire" devrait amener les décideurs à mettre en adéquation la nomenclature des actes infirmiers remboursés par l'Assurance maladie avec les objectifs de ce "virage ambulatoire" et leurs réelles compétences. Bien que les infirmières libérales soient les dernières professionnelles de santé à se déplacer quotidiennement au domicile de leurs patients, qu'elles opèrent un maillage complet du territoire, leurs négociations conventionnelles avec l'Assurance maladie se heurtent à des fins de non recevoir sur la valorisation de mesures qui sont pourtant essentielles à la réussite de ce "virage ambulatoire" ».

Les organisations signataires demandent donc « instamment » au gouvernement de prévoir dans le PLFSS des mesures qui ne répondent pas aux seules préoccupations des médecins.

Frédéric Haroche

« Les médecins refusent que les pharmacies prescrivent des médicaments »
Posté le 25/10/2018 à 14:58

« A l'origine de cette colère [des praticiens], l'adoption par les députés, le 17 octobre, en commission des affaires sociales, d'un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoyant d'expérimenter, sous certaines conditions, la délivrance sans ordonnance par les pharmaciens de médicaments à prescription médicale obligatoire », fait savoir François Béguin dans Le Monde.
« Ça commence à suffire ! On ne transforme pas le système de santé en enlevant des compétences aux médecins pour les donner à des professionnels qui ne les ont pas dans leur périmètre ou dans leur formation ! Il y a un moment où il faut que les choses s'arrêtent ! », estime Patrick Bouet, le président de l'Ordre national des médecins, alors que le PLFSS est débattu par les députés en première lecture jusqu'au vendredi 26 octobre. « Lassé » et « déçu », M. Bouet dénonce une « surenchère d'amendements proposant des expérimentations ne s'inscrivant pas dans une stratégie de réforme du système de santé », rapporte l'article.
« Le dispositif adopté en commission est perçu par les médecins comme une atteinte à deux de leurs prérogatives fondamentales : le diagnostic et la prescription », précise le journaliste. « L'amendement prévoit d'autoriser à partir du 1er janvier 2019 et pour une durée de trois ans les pharmaciens de deux régions à délivrer des médicaments "dans le cadre d'un protocole médical et de coopération conclu avec le médecin traitant et les communautés de santé des structures coordonnées", autrement dit un accord local sur une forme de délégation de compétence. Pour se prononcer sur une demande de patients, les pharmaciens pourront se référer à un "arbre décisionnel" élaboré avec des mé decins. Les médicaments concernés seront eux définis par arrêté ministériel », explique François Béguin.
« Parmi les pathologies qui pourraient donner lieu à de telles délivrances, la députée Delphine Bagarry (LRM, Alpes-de-Haute-Provence), à l'origine de l'amendement, a cité la cystite (infection urinaire), la conjonctivite ou l'eczéma », détaille l'article. « Ce sont des demandes quasi quotidiennes (...). L'idée n'est pas de faire sans [les médecins], mais de sécuriser ce que les pharmaciens peuvent faire », assure Carine Wolf-Thal, la présidente de l'Ordre des pharmaciens, favorable à une telle initiative.
Le journaliste fait savoir que « les médecins, qui ont déjà dû se résigner à voir les pharmaciens autorisés à vacciner les personnes majeures contre la grippe - ce qu'ils avaient combattu au moment de la loi santé de Marisol Touraine en 2015 -, voient aujourd'hui dans cette expérimentation une nouvelle étape de la "vente à la découpe de la profession", selon la formule de MG France, le premier syndicat de médecins généralistes, qui dénonce une "confusion des rôles" ».
« Quand on commence à mélanger les rôles et les missions de chacun, ça ne peut qu'engendrer des erreurs de diagnostic et de mauvaises prises en charge. Une cystite peut cacher un début d'infection du rein ou un calcul enclavé », affirme Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, le premier syndicat chez les médecins libéraux.
« La mesure, qui figurait dans les préconisations du rapport du député (LRM) Thomas Mesnier pour améliorer l'accès aux soins non programmés, a reçu le soutien de la ministre de la santé, Agnès Buzyn », indique Le Monde. « Les médecins mûrissent leur contre-attaque et espèrent que la mesure sera supprimée lors de l'examen du PLFSS au Sénat », conclut François Béguin.

« Obtenir un rendez-vous chez le médecin ? Pas forcément une galère »
Posté le 09/10/2018 à 11:55

Daniel Rosenweg indique en effet dans Le Parisien que « les médecins de ville sont - un peu - plus disponibles qu'on ne le dit. Surtout les généralistes. C'est la très sérieuse Direction de la recherche, des études et de la statistique (DREES) du ministère de la Santé qui le dit ».
Le journaliste relève que selon ce rapport, « pour plus de 8 rendez-vous sur 10, les délais sont jugés «rapides ou corrects» par les 21.700 Français ayant accepté de répondre à un questionnaire ».
Il souligne que le document « révèle surtout que «la moitié des rendez-vous chez un généraliste sont obtenus en deux jours». Et si vous appelez votre médecin traitant suite à l'apparition ou l'aggravation de symptômes, dans un cas sur deux vous serez reçu dans la journée. Pour autant, le délai moyen reste long, [...] puisqu'il est de 6 jours ».
Daniel Rosenweg ajoute que « chez le spécialiste, c'est une autre paire de manches : pas de rendez-vous pour une simple consultation en moins de 2 mois. Les délais les plus longs concernent, sans surprise cette fois, les ophtalmologistes : la moitié reçoit en moins de 52 jours, l'autre moitié en plus de 52 jours ».
Le journaliste évoque en outre « de fortes disparités. Ainsi, le délai moyen - et non la médiane - pour voir votre spécialiste des yeux est de 80 jours en moyenne en France et même de 189 jours pour un ophtalmo sur dix ! Et même si vous manifestez un besoin pressant de consulter, ce délai ne descendra pas en dessous de 20 jours ».
Il précise : « Dans l'ordre décroissant des délais d'attente, chez les autres spécialistes viennent ensuite les dermatologues (61 jours en moyenne), les cardiologues (50), les rhumatologues (45), les gynécos (44), les pédiatres (22) et les radiologues (21). Pour un dentiste, il faut patienter 28 jours. C'est sans surprise que la DREES indique que les délais s'allongent dans les zones désertiques ».
Daniel Rosenweg note enfin que « si dans 8 cas sur 10 un appel téléphonique débouche sur un rendez-vous pour les deux cas de refus, le patient cherche une solution auprès d'un autre médecin de ville. [...] Il n'y a donc pas de report massif de la ville vers l'hôpital pour motif d'indisponibilité des praticiens ».
« Mais il est vrai, cependant, que bon nombre - trop - de patients ont pris l'habitude de longue date d'aller directement à la case hôpital sans passer par le cabinet de ville... », conclut le journaliste.
Le Monde se penche aussi sur cette enquête du ministère de la Santé qui « montre une importante disparité d'accès selon les spécialités médicales ».
Le journal explique que « les délais d'attente sont, après l'aspect financier, l'un des principaux freins à l'accès au soin. C'est pourquoi la Drees a mené cette étude en interrogeant 21.700 personnes de la cohorte épidémiologique Constances, une base de volontaires français sollicités régulièrement pour des données de santé publique ».
Le Monde relève que « sans grande surprise, il est plus rapide de consulter un médecin généraliste (en moins de 2 jours dans la moitié des cas) ou un pédiatre que des spécialistes, qui sont le plus souvent sollicités pour des rendez-vous de contrôle ».
« Toutefois, les délais se raccourcissent si le patient présente des symptômes qui apparaissent ou s'aggravent : la moitié des patients trouve alors un rendez-vous le jour même chez le généraliste, ou en moins de 8 jours chez le dentiste. En revanche, même en cas d'urgence, il faudra toujours attendre 34 jours en moyenne pour consulter le dermatologue », poursuit le journal.
Il ajoute que « la taille de l'échantillon ne permet pas de dessiner une «cartographie» précise de l'accès aux soins, mais l'enquête montre clairement qu'il vaut mieux habiter à Paris pour obtenir des rendez-vous rapidement (en 15 jours chez le dentiste, ou 29 chez l'ophtalmologue) que dans une commune rurale, où les délais passent à 25 jours pour le dentiste, et 76 pour un ophtalmologue ».

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