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  Actu / Revue de presse

 

Les médecins prêts à ferrailler pour une revalorisation de la consultation
Posté le 07/09/2020 à 10:32

Solveig Godeluck observe dans Les Echos que « le 19 août, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a écrit au nouveau directeur de l'Assurance-maladie, Thomas Fatome, pour lui demander d'ouvrir plusieurs négociations conventionnelles avec les professionnels de santé «dès la fin de l'été» ».
La journaliste note que « cette lettre de cadrage [...] suscite déjà des remous chez les médecins. L'enjeu pour ces derniers est d'obtenir une revalorisation de l'acte individuel (la dernière date d'il y a 4 ans), alors que les pouvoirs publics promeuvent des rémunérations collectives ou forfaitaires ».
Solveig Godeluck explique que « la première négociation, interprofessionnelle, vise à accélérer la structuration des libéraux en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Il y a deux ans, Emmanuel Macron a formulé le vœu que l'exercice isolé devienne l'exception en 2022. Un premier accord interprofessionnel a permis de pérenniser les ressources de ces structures libérales. Il s'agit à présent, entre autres, de financer la préparation aux «menaces et crises sanitaires graves» et la prise en charge des «urgences sanitaires» ».
« Le gouvernement veut également soutenir financièrement les efforts de coordination entre soignants sur le terrain. Mais avec deux exigences : «conforter le rôle pivot des CPTS», «et ne pas aboutir à la mise en place d'une rémunération individuelle pour des coopérations qui ne seraient pas structurées à l'échelle d'une patientèle» », relève la journaliste.
Elle note que « le syndicat SML s'élève contre cette «nouvelle étape d'étatisation par les territoires», qui «ne finance que les structures au détriment des actes et des soins médicaux» ». Jean-Paul Ortiz, président du syndicat CSMF, déclare quant à lui : « Notre priorité, c'est bien le paiement à l'acte. Nous voulons une revalorisation, comme les médecins hospitaliers avec le Ségur », « en soulignant que les cabinets doivent supporter des coûts supplémentaires depuis le coronavirus : plexiglas, masques, chiffons stérilisants, etc. », ajoute Solveig Godeluck.
Elle poursuit : « La deuxième négociation ne concerne que les médecins. Ils vont devoir organiser avec l'Assurance-maladie la prise en charge des soins non programmés en ville, qui sont le talon d'Achille du système de santé ».
La journaliste indique que « leur implication [...] sera valorisée, promet Olivier Véran ». Le ministre indique cependant que cela « ne devra pas passer par une évolution généralisée de la rémunération à l'acte directe. Je souhaite que soient trouvées des solutions de financement au résultat ».
Le SML réagit : « Cette posture révèle le projet profond du gouvernement de faire glisser la médecine libérale dans un système étatique et de capitation ».
Solveig Godeluck remarque que « le ministère indique [...] qu'il veut bien revaloriser la consultation pour certaines spécialités qui facturent peu d'actes techniques, gynécologues, pédiatres ou psychiatres, mais à part cela, il compte développer une «rémunération des spécialistes assise sur la qualité de leur pratique» ».
La journaliste note que « chez MG France, qui représente les généralistes, aux rémunérations déjà très diversifiées, le président, Jacques Battistoni, est d'accord avec les orientations de la lettre de cadrage, «si la visite à domicile, priorité numéro un, est revalorisée substantiellement » ».
Elle évoque enfin « une autre négociation [...] : il s'agit de favoriser le développement de la télémédecine, qui s'est montrée fort utile pendant le confinement. Si la téléconsultation se porte bien, le gouvernement évoque rarement le flop de la télé-expertise ».
Solveig Godeluck relève que « depuis les débuts en février 2019 jusqu'à décembre, seuls 2.785 actes de télé-expertise ont [...] été facturés, par 123 médecins. L'accès est en effet réservé aux patients en zone sous-dense, ou aux malades chroniques. De plus, la rémunération ne fait pas rêver les médecins : le médecin «demandeur» touche 5 €, et l'expert à distance, de 12 à 20 € ».

« Les médecins libéraux demandent de l'aide »
Posté le 14/05/2020 à 14:31

Marie-Cécile Renault constate dans Le Figaro que « ce n'est toujours pas le retour à la normale chez les médecins de ville ! Leurs cabinets tournent au ralenti et certains spécialistes, comme les chirurgiens, ne peuvent toujours pas travailler car leur établissement reste réquisitionné pour accueillir des patients Covid ».
La journaliste fait savoir que « l'Assurance-maladie a reçu 103.000 demandes de professionnels de santé libéraux souhaitant bénéficier de l'aide financière mise en place pour faire face à leurs charges ».
Nicolas Revel, directeur général de l'Assurance-maladie, a indiqué que « si «le montant validé en cours de versement» n'est pas précisément connu, «on est déjà facilement à 300/400 millions d'euros» ».
Marie-Cécile Renault explique que « médecins, dentistes, kinés, infirmiers, sages-femmes, orthophonistes et pharmaciens peuvent recourir à ce dispositif, calibré fin avril pour 335.000 soignants libéraux. Le compteur n'a pas fini de tourner puisque «le dispositif se réactivera fin mai», avec une nouvelle «fenêtre de déclaration pour que les professionnels ayant une activité très ralentie s'enregistrent», a précisé Nicolas Revel ».
La journaliste souligne que « ce dispositif est conçu pour faire face aux frais, pas pour compenser la perte de revenu. Or si la «téléconsultation s'est installée dans les mœurs», a confirmé Nicolas Revel, elle est loin d'avoir contrebalancé la perte d'activité des généralistes, qui atteint 40% et encore moins celle des spécialistes, qui s'élève à 60% ».
Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, remarque quant à lui qu'en plus du mécanisme de prise en compte des charges, « il faudra aussi prévoir un autre mécanisme d'indemnité sur le revenu. Certains médecins sont toujours empêchés de travailler car leur clinique a été réquisitionnée par l'État pour accueillir des patients Covid ».
Marie-Cécile Renault ajoute que « tous les syndicats de médecins demandent la levée du plan blanc élargi, qui freine la réouverture des blocs opératoires et des services d'endoscopie. Ils réclament aussi le paiement des gardes effectuées par les spécialistes libéraux mobilisés dans ces cliniques pour assurer la prise en charge des patients Covid, alors que «moins de 1% ont été rémunérés », indique Franck Devulder (CSMF) ».
Le Dr Ortiz souligne par ailleurs que les cabinets de ville « ont dû engager des frais pour s'adapter aux nouvelles exigences sanitaires. Et les contraintes ralentissent le flux de patients, parce qu'il faut s'organiser différemment, nettoyer, désinfecter entre chaque passage. En médecine générale, là où avant on voyait en moyenne 4 patients par heure, si on en voit 3, ce sera bien ».
La journaliste indique que « pour compléter le mécanisme sur les charges, la CSMF réclame donc l'ouverture d'une négociation conventionnelle «afin d'aborder la question de la revalorisation des actes, et accompagner l'adaptation des cabinets médicaux par une revoyure du forfait structure» ».
« Le syndicat appelle également la Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) à piocher dans ses quelque 7 milliards d'euros de réserve, afin de mettre en place une aide aux médecins, comme l'a fait la caisse de retraite des chirurgiens-dentistes en attribuant une prime de 4.500 € à chaque praticien et une suspension des cotisations de 6 mois. Mais cette proposition a pour l'heure reçu une fin de non-recevoir de la Carmf, qui a déjà mis en place une série de mesures [...] et rappelle que les réserves sont là pour faire face au déséquilibre démographique du régime », conclut Marie-Cécile Renault.

« Contre le Covid-19, l'Institut Pasteur croit "au vaccin rougeole modifié" »
Posté le 21/04/2020 à 08:55

Marc Payet note dans Le Parisien que « la course contre la montre est lancée » pour « éradiquer le Covid-19 avec un vaccin », et s'interroge : « La solution viendra-t-elle de la France ? Ce dimanche 19 avril, lors de la conférence de presse du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la Santé Olivier Véran, la Pr Florence Ader, infectiologue, a annoncé que «l'Institut Pasteur avait un candidat vaccin avancé». «Des essais chez l'homme vont commencer cet été», a-t-elle précisé. Selon nos informations, il s'agit du vaccin rougeole modifié ».
Le journaliste souligne que « l'enjeu de cette course mondiale est énorme. L'immensité de la tâche donne le tournis ».
Mark Suzman, directeur général de la Fondation Bill et Melinda Gates, remarque ainsi qu'« il y a 7 milliards de personnes sur terre, et nous devrons vacciner presque tout le monde ». Marc Payet observe que la fondation « vient d'annoncer qu'elle consacrerait 150 millions de dollars (138 millions d'euros) à la recherche d'un vaccin. La Commission européenne, de son côté, organisera une conférence internationale des donateurs le 4 mai pour lever des fonds dans ce but ».
Le journaliste explique que « plus d'une centaine de projets sont lancés dans le monde. Au Royaume-Uni, la Britannique Sarah Gilbert, professeure à l'Université d'Oxford et à la tête de la biotech Vaccitech, se veut très optimiste ». Elle a ainsi déclaré qu'« il y a de bonnes chances pour que ça marche. Le succès à l'automne est possible si tout va à la perfection ».
Marc Payet ajoute qu'« en Chine, tout va très vite aussi. Leurs chercheurs ont déjà injecté des «candidats vaccins» sur l'homme à 100 volontaires à Wuhan, l'épicentre de l'épidémie dans le pays. Il s'agit de vaccins dits «recombinants qui insèrent une partie de l'ADN du nouveau coronavirus», en espérant que cela dope la réponse immunitaire de l'organisme ».
Le journaliste note par ailleurs que « du côté des grands laboratoires pharmaceutiques, le géant français Sanofi a noué un partenariat avec son homologue britannique GSK «pour s'associer afin de faire un vaccin qui pourrait être disponible au deuxième semestre 2021». Mais à qui seront adressés les premiers lots en cas du succès ? ».
Marc Payet souligne toutefois que « le chemin de la découverte est semé d'embûches. Comme une douche froide, certains, plus pessimistes, évoquent les échecs ». Le Dr Yves Charpak, épidémiologiste, rappelle ainsi que « malgré des centaines de millions investis, depuis des années, on n'a pas trouvé de vaccins contre le VIH ».
Le spécialiste ajoute que le Sars-CoV-2 « surprend un peu par ses mécanismes. Il semble qu'il puisse y avoir portage de virus persistant malgré des anticorps présents, ou guérison totale sans anticorps. [...] Mais cela ne doit pas nous décourager. On amasse beaucoup d'informations en ce moment ».
Le Parisien publie en outre un entretien avec Christophe d'Enfert, directeur scientifique de l'Institut Pasteur, qui « veut y croire : on finira par trouver un vaccin contre le Covid-19 d'ici à 2021. Pour le [chercheur], l'organisme de recherche en France qui pilote plusieurs développements de vaccins contre le coronavirus, «l'espoir est bien là» ».
Christophe d'Enfert explique : « Nous travaillons notamment sur un vaccin de la rougeole, modifié. Nous connaissons bien ce vaccin, qui est très efficace et présente peu d'effets secondaires. Les travaux consistent à modifier son génome, pour qu'il produise une protéine de coronavirus, et permette de nous en protéger. Pour l'instant, nous évaluons cette stratégie en faisant des tests sur l'animal, avant de passer chez l'homme ».
« Cette approche, avec le vaccin rougeole modifié, cela peut vraiment marcher contre le Covid-19. Nous l'avons déjà utilisée pour mettre en place un vaccin contre le chikungunya, qui est à un état de développement très avancé. Nous travaillons aussi sur la piste des lentivirus, des virus de la famille du VIH, atténués, pour qu'ils puissent eux aussi exprimer des protéines du coronavirus, et que cela aboutisse à un vaccin. L'espoir est bien là », souligne le chercheur.

Le Monde « Le ping-pong au service des maladies neurodégénératives »
Posté le 25/03/2020 à 16:04

le sport-santé fait son chemin en France.
« la Fédération française de tennis de table (FFTT) et l'association France Alzheimer et maladies apparentées viennent de s'associer pour promouvoir la pratique du ping-pong [...] chez des personnes atteintes de ces affections neurodégénératives ».
« l'objectif est double : rapprocher, dans chaque région, un club de ping-pong et une structure France Alzheimer ; et identifier un groupe pouvant évaluer scientifiquement l'impact de cette pratique sportive sur la maladie d'Alzheimer, qui concerne environ 900.000 individus en France ».
Sandrine Cabut rappelle ainsi que « praticable à tout âge, et quasiment sans contre-indications, le tennis de table dispose [...] de nombreux atouts pour la santé, que met en avant la FFTT ».
« Sport rapide et intermittent, il sollicite le système cardio-respiratoire et développe l'endurance. Mais c'est peut-être au niveau du cerveau que ses effets sont les plus intéressants, avec des bénéfices potentiels sur l'attention, la concentration, la coordination, l'équilibre, l'adresse, la vitesse de réaction... », explique la journaliste.
Elle indique notamment que « même si les études cliniques sont relativement peu nombreuses, des neuroscientifiques américains affirment que le ping-pong est le «meilleur sport pour le cerveau» ».
Le Dr Sylvie Selliez, médecin fédérale, précise que « c'est l'un des sports par excellence pour les personnes avec des troubles neurodégénératifs. Une pratique régulière contribue à maintenir l'autonomie et la socialisation le plus longtemps possible ».
Sandrine Cabut ajoute qu'« en ce qui concerne la maladie d'Alzheimer, des programmes de «thérapie» par le tennis de table se sont développés notamment en Angleterre (BAT Foundation) et aux Etats-Unis ».
La journaliste relève qu'« en France, le Levallois sporting club a été pionnier, avec Ping4alzheimer, lancé à l'automne 2018. Sensibilisé au sujet par sa grand-mère, elle-même atteinte, et par la lecture d'études scientifiques, [Renato Walkowiak, manageur du club], a d'abord adapté le contenu des entraînements, avec une psychologue et un kiné. Les séances, qui durent 2 heures, accueillent désormais de dix à quinze participants, une ou deux fois par semaine ».
Le responsable ajoute : « Les personnes qui viennent régulièrement sont plus détendues. C'est une activité où les progrès peuvent être assez rapides, d'autant que la plupart de ces malades ne sont pas très âgés - le plus jeune a 42 ans - et n'ont pas de problème physique, ils peuvent donc pratiquer 2 heures à fond ! Surtout, le gymnase est pour eux un lieu de socialisation et d'inclusion, ils viennent sur le même créneau que des retraités avec qui ils peuvent jouer ».
Sandrine Cabut note que « l'activité est aussi appréciée par les aidants (souvent les conjoints), dont certains se laissent tenter par la petite balle. M. Walkowiak va maintenant participer au déploiement du programme. Trois clubs ont déjà manifesté leur intérêt en France, et un en Belgique ».
La journaliste relève enfin que « pour Benoît Durand, directeur délégué de France Alzheimer, ce partenariat avec la FFTT s'inscrit dans une logique de promotion du sport adapté pour ces patients, dans la suite de celui déjà noué avec la Fédération française d'équitation. Au-delà, insiste-t-il, c'est une initiative qui va dans le bon sens pour changer le regard sur cette maladie stigmatisante, la plus redoutée par les Français après le cancer ».

Des Algeco contre les déserts médicaux
Posté le 20/11/2019 à 10:38
Le Parisien
Daniel Rosenweg note dans Le Parisien que « déserts médicaux obligent, les nouvelles solutions pour faciliter l'accès aux soins se multiplient. Et les maires, de petites comme de grandes communes, réunis en congrès à Paris jusqu'à jeudi, sont preneurs de toutes les bonnes idées ».
Le journaliste fait ainsi savoir que « la dernière initiative ne manque pas d'originalité. Elle consiste à organiser des consultations en ligne dans... des Algeco, ces constructions modulaires utilisées seules ou assemblées que l'on retrouve souvent au bord des routes ou devant des chantiers, des bâtiments en travaux, voire dans les cours d'école ».
Alexis Salmon Legagneur, directeur général de la société, précise : « Ce sont des modules spécialement aménagés pour permettre des téléconsultations. Nous avons signé un partenariat avec l'un des spécialistes des télécabines connectées, Tessan, pour équiper nos modules et les connecter. Nous pouvons ainsi offrir une solution mobile, bon marché, pour permettre aux maires de répondre aux besoins de leur population ».
Daniel Rosenweg relève que « la demande, à en croire le dirigeant, est forte. Elle s'appuie sur le fait que 8 millions de Français vivent aujourd'hui dans des déserts médicaux. Algeco se lance donc sur ce nouveau marché ».
« Non sans avoir fait réaliser au préalable par l'Institut CSA une étude auprès de 200 maires afin de mesurer leurs besoins. Dévoilée durant le salon ce mercredi, l'étude révèle que pour 44% du panel le développement de l'offre en matière de santé serait «une priorité» », observe le journaliste.
Daniel Rosenweg explique qu'« Algeco propose donc aux élus locaux ses modules de 18 m2, capables d'accueillir jusqu'à trois cabines de téléconsultations ». Alexis Salmon Legagneur remarque que « beaucoup de communes ne disposent pas de locaux pour y installer un cabinet médical. Notre offre fonctionne par abonnement, à raison de 2000 € par mois environ et par module. Ceux-ci ont l'avantage de pouvoir être déplacés au gré des besoins ».
Daniel Rosenweg précise que « ces télécabines disposent des ustensiles connectés de base pour une consultation simple : thermomètre, tensiomètres, dermoscope... Un lecteur de carte Vitale est présent, ainsi qu'un lecteur de carte bancaire pour régler directement le reste à charge ».
« Algeco estime pouvoir équiper «plusieurs centaines de communes par département». [...] Si la société vise surtout les besoins pérennes, des stations de ski et des stations balnéaires, dont l'activité est par essence saisonnière, pourraient aussi être intéressées par la souplesse de cette solution », ajoute le journaliste.
Il évoque toutefois « la question de l'attractivité de ces cabinets connectés. Si la technologie est bien là, il faut encore trouver les médecins qui assureront les téléconsultations tout en répondant aux obligations légales permettant une prise en charge de la consultation par l'Assurance maladie ».
Christophe Dietrich, maire de Laigneville (Oise), qui « s'est lancé contre vents et marées dans l'aventure télémédecine voilà 18 mois », observe quant à lui : « Il faut que les petites communes puissent débourser les 2000 € par mois ! [...] La mairie a racheté 150.000 € le cabinet du dernier médecin, pour ne pas changer les habitudes des patients. Et nous y avons mis un chariot complet de télémédecine et une infirmière pour aider les patients ».
« Comme l'Agence régionale de santé (ARS) me mettait des bâtons dans les roues, j'ai décidé d'y aller seul : donc c'est la mairie qui prend tout en charge. Au moins les patients sont sûrs de n'avoir rien à débourser. Qu'en sera-t-il dans les Algeco ? », continue l'élu, ajoutant qu'« une présence humaine est indispensable pour que ça marche ».

Bientôt le tiers payant pour tous
Posté le 23/10/2019 à 10:40
Daniel Rosenweg remarque en effet dans Le Parisien : « Et si le tiers payant intégral c'était - enfin - pour demain ? Prévu par l'ex-ministre de la Santé Marisol Touraine pour se déployer de façon obligatoire en novembre 2017, le tiers payant intégral [...] s'est transformé avec l'arrivée, en mai 2017, de la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn ».
Le journaliste note que « de «généralisé», il est d'abord devenu «généralisable», c'est-à-dire basé sur le volontariat, pour répondre aux critiques des médecins. Dans la foulée, un rapport commandé à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) ayant constaté l'incapacité des professionnels de santé et des complémentaires santé à s'entendre sur la création d'une plate-forme en ligne, la ministre a reporté la réforme à 2018. Depuis, plus rien. Le tiers payant intégral reste limité à quelques catégories de patients ».
Daniel Rosenweg indique cependant qu'« un dispositif testé auprès d'une centaine de professionnels de santé est fin prêt, disent ses initiateurs. Ce dispositif est basé sur une plate-forme en ligne permettant aux médecins, dentistes, infirmiers, kinés, opticiens, biologistes... de vérifier les droits du patient en temps réel, d'adresser en un clic leurs honoraires à l'Assurance maladie et aux complémentaires santé, et de se faire payer rapidement ».
Le journaliste explique ainsi que « depuis 2018, l'Union nationale des professionnels de santé (UNPS), où sont représentés les syndicats de médecins, kinés, infirmiers, audioprothésistes, biologistes, pharmaciens, travaille en coulisses à cette «alternative libérale de dispense d'avance de frais» ».
« Ils se sont tournés vers leurs confrères pharmaciens qui, depuis deux décennies, pratiquent sans encombres le tiers payant intégral via leur propre plate-forme : Résopharma. Cette dernière a donc, en quelque sorte, été clonée pour donner naissance à Paymed, dédiée aux professionnels médicaux et paramédicaux », relève-t-il.
Paul-Henri Cheminal, directeur général de la plateforme, fait savoir : « On a testé notre dispositif auprès d'une centaine de professionnels répartis dans 6 régions et ça fonctionne. On est prêts ! ».
Daniel Rosenweg précise que « Paymed reçoit les ordonnances des praticiens et les rémunère, sous six jours, de la totalité de la facture : part Sécu et part complémentaire confondues. À elle ensuite de récupérer ces sommes auprès des payeurs concernés ».
Le journaliste observe toutefois que « le déploiement de ce dispositif testé depuis janvier avec une centaine de praticiens se heurte à un ultime problème, «politique» celui-là ». Luis Godinho, président de l'Unsaf (audioprothésistes), remarque : « InterAMC, qui réunit les plus grosses complémentaires santé, refuse de passer une convention nationale et collective. Il veut que chacune des 474 complémentaires signe une convention avec chaque professionnel ».
« On veut une convention unique comme pour les pharmaciens. C'est la garantie que les mutuelles ou assurances ne changeront pas les règles en cours de route », poursuit le responsable.
Daniel Rosenweg note que « face à ce blocage, 7 syndicats [...] viennent de demander à Agnès Buzyn d'arbitrer ». Maurice Ronat, président de l'Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie (Unocam), déclare ainsi qu'il va « saisir sans délai les trois fédérations de complémentaires. Je ne vais pas laisser dormir ce dossier : avec les réformes qui arrivent, il y a un besoin pressant de mettre en place le tiers payant intégral ».

« Les urgences bientôt contraintes de sélectionner les patients ? »
Posté le 16/10/2019 à 11:09
C'est ce que titre Le Parisien, qui fait savoir que « le député LREM Thomas Mesnier a déposé ce mardi un amendement, défendu par le gouvernement, qui vise à changer le mode de rémunération des urgences. Objectif de l'amendement : inciter les services d'urgence à renvoyer les patients légers vers les médecins de ville ».
Daniel Rosenweg explique ainsi que « 21,5 millions de Français ont fréquenté les urgences en 2018. C'est 16,3% de plus en 6 ans, un engorgement devenu inquiétant et des délais d'attente qui explosent ».
« Si les 640 services d'urgence, publics ou privés, sont pris d'assaut, c'est parce qu'ils accueillent sans modération. Une absence de sélection à l'entrée qui s'explique par... un intérêt financier : chaque passage leur rapporte 200 €, quelle que soit la durée des soins prodigués », rappelle le journaliste.
Il note donc qu'« un amendement au Projet de loi de financement de la sécurité sociale [...] veut mettre fin à ce financement pervers. Député LREM des Charentes, Thomas Mesnier, rapporteur de la mission sur les urgences, est à l'origine de ce texte soutenu par le gouvernement »
Le député et médecin déclare que « le système actuel pousse les services d'urgence à la consommation et particulièrement à prendre en charge des patients légers nécessitant 3 minutes de soins mais qui rapporteront 200 €. Des patients qui devraient être accueillis en ville. Rien n'incite la médecine d'urgence à organiser une filière des soins avec les médecins de ville. Et rien ne l'incite à faire de la qualité ».
Daniel Rosenweg retient que « l'élu veut donc remplacer ce système de rémunération à l'acte par un dispositif basé sur trois critères plus justes. 60 à 66% de la rémunération du service d'urgence seraient fondés sur un forfait tenant compte du bassin de vie de l'hôpital, de la population suivie (âgée, à risque, très jeune...), de la densité de médecins en ville et du taux de pauvreté et de précarité ».
Thomas Mesnier observe que « plus le bassin est grand, moins il y a de médecins en ville, plus il y a de pauvres et plus le forfait sera élevé puisqu'il y aura plus de travail pour le service d'urgence ».
Daniel Rosenweg ajoute que « 33 à 35% de la rémunération continueraient de se faire à l'acte », le député précisant : « Évidemment, il sera moins bien rémunéré qu'actuellement. L'idée, c'est que le service n'ait plus intérêt à prendre en charge les cas légers ».
Le journaliste relève en outre que « le député veut introduire une part de rémunération à la qualité ». Thomas Mesnier déclare que « les critères d'attribution restent à définir. Ça pourrait être par exemple le nombre de patients gardés sur des brancards dans les couloirs, ou les mesures prises pour éviter le retour des patients renvoyés à domicile... ».
Daniel Rosenweg conclut que « le député-médecin souhaite que, si elle est votée, sa mesure soit mise en place en janvier 2021 », et s'interroge : « Y aura-t-il des perdants et des gagnants ? ». L'élu répond que « l'inégalité entre services d'urgence existe déjà ! Les moyens financiers peuvent aller du simple au double. Il s'agit donc aussi de remettre de l'égalité entre les établissements pour qu'ils prennent mieux en charge les patients ».

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